Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le berceau du fer

meditation

Méditation 27e dimanche du Temps Ordinaire

2 Octobre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Luc (17, 5-10)
 

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi. » « Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite prendre place à table” ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” »

SERVICE AUGMENTÉ

Parfois nos désirs nous emmènent bien plus loin que nous le pensions. C’est ce qui arrive ici aux apôtres. On les imagine bien en train d’écouter Jésus, un peu dépassés par le programme évangélique qu’il leur déroule au fil du chemin. « Augmente en nous la foi! » On entend entre les lignes une marche haute… Ce qui semblait possible se fait lointain. Quelle autre ressource disponible si ce n’est une infusion de foi ? Donne-nous d’y croire, demandent les apôtres! Efface en nous le doute et la fatigue. Permets-nous de visualiser là où tu veux nous conduire. Donne-nous d’y adhérer… nous marchons côte à côte mais la distance est grande, tout comme la fatigue. Sont-ils réellement désemparés? Ou simplement tournés vers leur besoin de maîtriser ce qu’ils sont en train de vivre ? Que nous faut-il entendre dans cette requête? Écoutons plutôt la réponse de Jésus.

S’il y avait un besoin de maîtrise alors tout le monde fait fausse route. La foi n’est pas le pouvoir extraordinaire de faire des choses impossibles, c’est la réalisation de l’impossible dans l’ordinaire quotidien, et l’obéissance au pouvoir d’un autre. La foi n’a rien de magique. Elle est une vision et une adhésion. C’est Jésus qui est le modèle pour chacun d’entre nous. Jésus n’a été que foi en son Père. Toute sa vie n’a été qu’obéissance à son projet d’amour. Ce n’est pas la foi qui est limitée, c’est notre obéissance.

L’amour qui soulève une vie déplace les montagnes. La source est bien là. La foi ne cherche pas à déplacer les montagnes mais à aimer et vivre selon ce que l’amour commandera. Il n’y a pas de vie plus belle. La foi n’a rien à voir avec le pouvoir. Elle est service. La foi est humble. Elle ne revendique rien. Elle regarde la source et attend tout d’elle.

Oui Seigneur, donne-nous de cette eau-là, cette eau de foi qui nous détourne de nos désirs faciles et magiques. Donne-nous ton corps et ton sang pour que nous ayons comme toi le goût de l’obéissance à l’amour plus grand. Toi seul est le Seigneur, le Très-Haut avec le Saint Esprit dans la gloire de Dieu le Père. Amen


Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez

Lire la suite

Méditation 26e dimanche du Temps Ordinaire

25 Septembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation

Évangile selon saint Luc (16, 19-31)
 

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

 

PAUVRE SIGNE

Redoutable histoire que Jésus partage aux pharisiens autour de lui. Critique ouverte d’une cécité et d’une indifférence aux pauvres manifeste. Pour le riche repu, le pauvre n’existe pas. Il ne le voit pas. Et pourtant ses propres chiens, eux, ne ratent pas de lécher ses plaies. Comme deux dimensions détachées, sans lien. Mais un regard observe. Dieu écoute.

A ses yeux, le pauvre existe. Il porte d’ailleurs un nom et sa justice est de le rétablir en sa dignité de fils d’Abraham. Sa pauvreté tourne en joie et en privilège. Il retrouve sa place parmi les siens. À l’inverse, c’est la terrible rétribution pour le riche qui s’est perdu en méprisant son frère dans le besoin. Dieu a déjà parlé plusieurs fois. La Loi et les Prophètes sont là pour l’attester. L’homme a le cœur dur et la nuque raide. Il se voit et se comprend dans son univers autocentré où il existe seul. Passée la porte de la mort, il se retrouve figé dans l’enfer qu’il a lui-même créé. Cruel retournement de situation.

Le pauvre existe tout à coup. Il représente même cette opportunité de consolation et de salut. Le riche est révélé à lui-même. Mais sa conscience anesthésiée n’exprime aucun regret pour Lazare. Son droit à l’indifférence exercé à l’outrance se commue en droit d’utilisation du pauvre Lazare pour adoucir sa peine et l’épargner aux gens de sa caste. L’abîme se creuse encore et se fige… la perte de soi commence avec la perte du frère. L’insularité égoïste reste de ce monde mais n’a pas cours dans le Royaume. La revanche de Dieu sur la maltraitance est sa bonté. Mais même cela ne peut plus être vu et accueilli, tant le regard est déformé, et le désir recourbé.

La revanche de Dieu existe. Elle est à portée de cœur et de frère. Il nous faut rompre toutes nos insularités autosuffisantes et nous risquer dans le monde de la pauvreté de l’autre. Il y a bien des chances d’y rencontrer la nôtre. Le pauvre nous fait signe. Il élargit notre périmètre. Il oblige notre vie à l’option « grand-angle ». Ce qui lui manque devrait aussi nous manquer. Rien de ce qui arrive à aucun de nos frères ne devrait nous laisser dans l’indifférence du repu. Même un meurtrier devrait pouvoir découvrir dans notre seul regard quelque chose de plus grand que son humanité défigurée par ses actes et son histoire. Abraham est donc pris à témoin pour nous rappeler le devoir de solidarité.

Le pauvre est le rappel et la dénonciation permanente du péché qui habite nos vies. Jésus sur la croix est, quant à lui, le pardon transcendant qui traverse tous nos abîmes et nous restitue dans la seule communauté des bien-aimés du Père. Heureux les pauvres ! Le festin est pour tous !


Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez 

 

Lire la suite

Publié depuis Overblog

18 Septembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation

Évangile selon saint Luc (16, 1-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.” Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyer de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.” Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.” Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.” Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. » Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

BIEN PLACÉ

Étrange histoire… Difficile à croire que Jésus fasse ici l’apologie de la duplicité… c’est le maître qui semble accueillir avec admiration le dernier haut fait de son gérant avec son argent pour s’en sortir… il semble même saluer cette ultime remise de dettes pour se constituer autour de lui des gens redevables sur lesquels il pourra compter quand il sera dans le besoin. Dextérité dans la malhonnêteté… rien de vraiment admirable… plutôt un contre-exemple qui permet à Jésus d’appuyer son enseignement.
 
Dans l’habileté du gérant, il y a l’intuition que l’argent, à défaut d’être une fin, peut aussi être un moyen. Nul besoin de le diaboliser. Il faut seulement savoir se servir de l’argent et non se laisser asservir par lui. On pourrait simplement s’arrêter là mais Jésus donne la clé profonde de l’histoire.
 
Le texte ne vient pas seulement nous chercher dans notre rapport à l’argent. Il vient nous questionner plus profondément sur le sens de notre action. Si nous sommes bien au clair sur le but que nous poursuivons, alors nous serons aussi habiles à tout mettre en œuvre pour y parvenir. À ceci près que la duplicité et le centuple promis du Royaume ne font pas bon ménage. Tromper les autres, c’est se tromper soi-même. Le Royaume et la vie éternelle ne se gagnent pas à coup d’habiletés, mais ils sont offerts au cœur pur et sans partage, honnête et vrai en toutes choses. Le cap de la vie heureuse selon l’évangile est donc tracé.
 
Pas d’autre bonheur que toi Seigneur. Pas d’autre maître que toi et tous ceux que tu placeras sur notre chemin. Servir l’autre et te servir c’est une seule et même chose. C’est de ta vie que nous vivons déjà en y aspirant. Quoiqu’il nous arrive, qui nous séparera de cette sécurité et de cette joie-là ?

 

Equipe Evangile@Peinture – M-D Minassian - Peinture Bernadette Lopez

Lire la suite

Méditation 24e dimanche du Temps Ordinaire

11 Septembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

« L’amour miséricordieux du Père »

Les textes de la liturgie de ce dimanche nous invitent à méditer sur l’amour miséricordieux de notre Dieu. La première lecture, tirée du livre de l’Exode, nous raconte comment après que le peuple hébreu avait gravement péché en se fabriquant et en adorant un dieu matériel, le veau d’or, Dieu annonça à Moïse un châtiment contre ce peuple. Mais Moïse intercéda pour le peuple auprès de Dieu, et grâce à sa prière pressante, le Seigneur renonça à sa colère et pardonna aux fils d’Israël leur idolâtrie.

Dans la deuxième lecture, Saint Paul nous parle de sa propre expérience de la miséricorde divine. Le Seigneur lui a pardonné sa vie de blasphémateur et persécuteur des chrétiens, et a fait de lui son grand apôtre. Et la grande humilité avec laquelle Paul exprime son expérience nous interpelle. Il dit en effet : « le Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur. Mais si le Christ m’a pardonné, c’est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; je devrais être le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle ». Ne sommes-nous pas, nous, souvent tentés plutôt de nous croire justes et sans péché, et de ne voir les péchés que chez les autres ?

Saint Luc dans l’évangile, nous rapporte les trois paraboles à travers lesquelles Jésus enseigne de manière claire cette miséricorde du Père envers les pécheurs. 

Deux attitudes fondamentales caractérisent ces paraboles : la recherche de ce qui est perdu et l’invitation à la joie. En effet, dans la première parabole, le berger abandonne ses 99 brebis pour aller chercher une seule qui est perdue ; tandis que dans la deuxième, la femme dépense tant d’énergies pour chercher avec soin une de ses dix pièces d’argent ; et dans la troisième, le père était là à guetter le retour de son fils cadet. Celui-ci avait pourtant pris son autonomie et était parti dépenser la part d’héritage qu’il avait forcé son père à lui donner. D’autre part, dans ces paraboles, la découverte de la brebis et la pièce perdues comme les retrouvailles avec l’enfant prodigue sont vécues comme motif de joie que les infortunés désirent partager avec leur entourage : « réjouissez-vous avec moi... » Les murmures des pharisiens et scribes montrent donc qu’ils ne comprennent pas encore la logique de Dieu, qui se réjouit de la conversion des pécheurs et invite à partager sa joie.

Frères et sœurs, comme les fils d’Israël dans le désert, ou comme le fils prodigue de l’évangile de ce jour, nous, chrétiens d’aujourd’hui, nous péchons contre notre Dieu par diverses formes d’idolâtrie : l’argent, le pouvoir, le succès personnel, l’indifférence envers les autres, etc. Mais notre Dieu reste toujours fidèle, lent à la colère et plein d’amour. Il nous guette, espérant toujours notre conversion, notre retour vers lui. Et, il ne se lassera jamais de nous pardonner. Demandons-lui aujourd’hui d’ouvrir notre cœur et notre esprit à sa miséricorde infinie et de nous aider à devenir nous-mêmes un peu plus miséricordieux les uns envers les autres.


Equipe Evangile@Peinture - Le père jésuite Flavien Zolabi – Peinture Bernadette Lopez

Lire la suite

Méditation 21e dimanche du Temps Ordinaire année C

21 Août 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite… »

Aujourd’hui l’Eglise nous rappelle trois choses à travers les passages de l’Evangile. 
D’abord, le Ciel existe. C’est le banquet du Royaume des Cieux, la manière dont Jésus décrit le salut, la vie éternelle.

Ensuite, l’enfer existe. C’est tout ce qui est « dehors », là où il y a « des pleurs et des grincements de dents ». Ce sont des images qui expriment la frustration désespérée éprouvée par celui qui s’est coupé pour toujours de l’amitié avec Dieu.

Enfin, pour avoir accès au ciel, nous devons sans cesse faire des efforts. Il ne suffit pas d’avoir une connaissance superficielle du Christ, comme les gens qui disaient : « Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places. »

Nous devons plutôt cultiver une relation d’amitié vivante, durable, de plus en plus étroite, avec le Christ. C’est dans ce but que nous sommes créés, et c’est ce qui nous conduira à la vraie vie.

L’amitié implique toujours un effort, un sacrifice de soi, un investissement de temps et d’énergie. Cela vaut aussi pour notre amitié avec Jésus. Notre salut est conditionné par la manière dont nous le suivons, par les efforts que nous faisons pour mieux le connaître et pour vivre selon ses enseignements. C’est ce que Jésus veut dire par « la porte étroite » qui conduit au salut. Pour passer par la porte étroite, il faut laisser derrière soi tout bagage superflu. Il faut vraiment le vouloir.

On peut être étiqueté comme chrétien selon les apparences, sans vraiment faire des efforts pour vivre comme un chrétien de tout son cœur. Il est possible de venir à la Messe, d’être engagé dans des activités paroissiales, sans pour autant se laisser vraiment transformer de l’intérieur par une relation personnelle avec le Christ. Jésus sait que le fait d’éprouver des sentiments ne suffit pas. Nous devons permettre à sa grâce de transformer notre vie.

« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite… »

Et il enchaîne avec la parabole qui renforce encore l’accent mis sur la responsabilité personnelle de chacun en montrant qu’au Jour du Jugement, il y aura beaucoup de surprises : « Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

Ce que Jésus veut nous faire comprendre est clair. Il veut que nous prenions l’aventure de notre vie au sérieux, que nous fassions des choix responsables. Il veut nous conduire tous au Ciel, mais il ne peut le faire que si nous prenons la décision de le suivre.

Nous ne pouvons pas considérer notre amitié avec Jésus comme un acquis. Nous devons consciemment et continuellement nous efforcer d’entrer par la porte étroite. Voilà ce que le Seigneur nous dit aujourd’hui.

Equipe Evangile@Peinture – Texte Predicatho – Peinture Bernadette Lopez
 

Lire la suite

Méditation 20e dimanche du Temps Ordinaire

14 Août 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation

Je suis venu apporter un feu sur la terre

Ces paroles de Jésus peuvent nous révolter. Comment celui qui a prêché un évangile de douceur et de pardon nous déclare aujourd’hui qu’il n’est pas venu mettre la paix dans le monde, mais la division. Et quelle division ! Entre ce qu’il y a de plus naturellement uni : les membres d’une famille. Pourrais-je accepter et prêcher un message de division et de rupture, dans ce monde qui n’est lui-même que division, violence, haine et mépris de l’autre ? 

Pour comprendre, voyons les 2 parties du texte. 
1ère partie : Jésus sait qu’il va faire le plongeon dans la mort. Il sait que c’est nécessaire pour « allumer le feu sur la terre ». 
2ème partie : Cela va provoquer des ruptures, des divisions salutaires au plus profond de notre humanité. 

Jésus sait où il va vers la mort car c’est de cette manière que lui, le « prince de la paix », va dénoncer la violence qui règne en maître sur la terre : en étant victime de cette violence aveugle et en se faisant solidaire de toutes les victimes de violences. Jésus affiche sur la croix le mal de notre monde, dont il est la victime innocente. 
Voilà en quoi consiste son « baptême », ce plongeon dans la mort. Mais quand on plonge, ce n’est pas pour rester au fond de l’eau, c’est pour en re-surgir, ressusciter. Si la venue de Jésus provoque la violence, ce n’est pas lui qui la crée. Cette violence est déjà là, mais masquée. 

Jésus, par le don de sa vie, fait apparaître au grand jour toutes les divisions. Sa présence déstabilise une construction qui avait l’air solide. Cette construction, c’est notre tour de Babel, la cité de notre prétention cruelle, égoïste. Alors les alliances les plus étroites se fissurent, même les alliances familiales. La violence cachée devient évidente, et les violents rejettent leur violence sur leur victime. 
Il y a, en nous, quelque chose qui refuse l’amour, la foi en l’amour

 

Evangile@Peinture – Père Vincent Ravince – Peinture Bernadette Lopez

Lire la suite

Méditation 17e dimanche du Temps Ordinaire

24 Juillet 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Evangile selon saint Luc (11, 1-13)

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. » Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour. Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation.» Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.” Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.” Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

TRANSMISSION ESSENTIELLE

Voilà une belle page d’Évangile qui nous montre Jésus dans le rôle du grand frère…

C’est un moment fort car il est en route pour Jérusalem. Cela signifie que désormais le temps lui est compté, et que la transmission de relais est en train de se faire. C’est le corollaire de l’envoi en mission qu’il vient de faire vivre à ses disciples. On part toujours de quelque part. Jésus dévoile l’ancrage essentiel qui l’oriente, le nourrit et lui permet de tenir en toutes situations: sa relation à son Père. La question du disciple nous vaut ce magnifique transfert de filiation. Son Père devient le nôtre. Sa source devient la nôtre. Plus qu’un maître qui partage ses connaissances, il en donne l’ultime clé. Il se dépossède de son intimité de fils unique pour incorporer à sa relation avec son Père ceux qui sont devenus ses frères de marche.

Cette prière est la clé de compréhension de la vie sur la terre comme au ciel. Elle dresse un arc-en-ciel entre Dieu et les hommes et entre les hommes eux-mêmes. Elle n’est pas un secret mais une porte ouverte vers la bonté éternelle de Dieu qui nous a valu un tel grand frère pour nous révéler qui nous sommes: enfants de Dieu, frères devant lui, témoins chargés de son rayonnement d’amour, suspendus à sa bonté, diffuseur de sa miséricorde. La vie à l’aune du ciel nous attend sur la terre. Les priants sont là pour déverrouiller le ciel pour les autres, leur donner envie de la plénitude dont ils vivent déjà. Encore faut-il être des vivants, des priants, des pratiquants de l’enfance divine et de la fraternité originelle insinuée par Jésus.

La source vive du maître est transférée aux disciples pour qu’ils ouvrent le ciel à tous. Nous voici donc chargés de mission et à notre tour en transition de ce monde vers celui du Père qui gagne peu à peu les cœurs aimants.

Le cœur du Père est désormais immédiatement accessible. Il n’est plus le privilège du Fils. Il est le fil qui relie tout un chacun, et qui nous oblige en tant que fils adoptifs et en tant que frères. La vie du Père qui coule en nous avec les mots de la prière devient notre charte, notre feuille de route. Le temps n’importe plus. Il est toujours l’heure de la bonté et de la miséricorde. L’éternité et la plénitude n’ont pas d’horaires. C’est ouvert. Tout jour.


  
Equipe Evangile&Peinture – Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

Lire la suite

Méditation solennité de la Fête-Dieu

17 Juin 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Jésus est là pour nous sauver

Saint Luc nous dresse un tableau très réaliste de Jésus qui marche sur les routes poussiéreuses de son pays, pour parler « du règne de Dieu à la foule », guérissant « ceux qui en avaient besoin », s’assurant même qu’ils avaient suffisamment à manger. Ce tableau nous montre combien Jésus désire être près de chacun de nous. Voilà le message central de la Solennité de la Fête-Dieu que nous célébrons aujourd’hui.

Dans son pays, et à son époque, Jésus a passé tout son temps à faire des choses pour les autres. Toute sa vie était pour les autres, pour nous. Il est venu pour nous, pour être notre Sauveur et l’Ami qui ne nous laisse jamais tomber. Et il a voulu s’assurer que nous ne l’oublierons jamais. Il a trouvé un moyen pour rester avec nous, même après sa mort, sa résurrection et son ascension. Il est resté avec nous, pas seulement dans les Saintes Ecritures, pas seulement dans l’Eglise, et par l’exemple des saints, mais aussi sous les humbles et silencieuses apparences du pain et du vin.

C’est grâce à l’Eucharistie que Jésus est aussi proche de nous qu’il l’a été pour les gens qui ont marché avec lui sur les routes poussiéreuses de son pays. Ou plutôt, il est encore plus proche de nous. Car dans le passage de l’Evangile que nous venons d’entendre, les gens ont reçu du pain de ses mains, mais nous, nous recevons le Seigneur lui-même dans la Sainte Communion.

Qu’est-ce que Jésus aurait pu faire de plus pour nous montrer avec quel amour passionné il veut être proche de nous, pour nous guider, nous fortifier ? Depuis le jour où il a multiplié les pains pour la foule affamée, Jésus n’a pas changé. Il n’est pas devenu, d’un jour à l’autre, égoïste, dur et impitoyable. Il est toujours aussi bon et généreux maintenant qu’alors.

« Dans le Sacrement de l'autel, le Seigneur vient à la rencontre de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, se faisant son compagnon de route. En effet, dans ce Sacrement, le Seigneur se fait nourriture pour l'homme assoiffé de vérité et de liberté. Puisque seule la vérité peut nous rendre vraiment libres, le Christ se fait pour nous nourriture de Vérité. » 

La présence réelle de l’Eucharistie est la manière pour Jésus de rester proche de ceux qui, comme nous, croient en lui. Mais comment reste-t-il proche de ceux qui ne croient pas en lui ? Comment fait-il connaître sa présence aux gens autour de nous qui cherchent le bonheur là où il ne se trouve pas ? Il le fait par nous. Par l’Eucharistie, Jésus vient habiter en nous, et ensuite, c’est à nous de le porter aux autres, par notre exemple, nos paroles, nos actions. L’Eucharistie est cette nourriture extraordinaire qui rend cela possible. La nourriture ordinaire est absorbée par nous et est transformée en notre corps. Mais quand nous recevons l’Eucharistie, c’est Jésus qui nous absorbe et nous transforme en lui-même, pour faire de nous des membres vivants de son corps.

Nous sommes donc des collaborateurs de Dieu. Dieu nous a faits pour que nous mettions nos talents à sa disposition, pour construire son Royaume. Et c’est alors, si nous prenons cette mission au sérieux, que nous trouvons le sens, la fécondité de notre vie. 

Aujourd’hui, Jésus vient de nouveau vers nous dans la Sainte Communion. Remercions-le pour ce grand cadeau de sa Présence, et promettons-lui d’en faire un meilleur usage. Renouvelons notre engagement à être de fidèles collaborateurs de Dieu, grâce à la présence de Jésus.

Equipe Evangile@Peinture - Peinture Bernadette Lopez

Lire la suite

Méditation La Sainte Trinité

12 Juin 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation, #Méditation

Évangile selon saint Jean (16, 12-15)
 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »
 

COMMUNICATION INTÉGRALE

Jésus était un grand communicant. Au moment de s’en aller, et de laisser ses disciples orphelins de sa présence, il annonce le don de l’Esprit de vérité. La communication de groupe va passer à une communication en groupe. Jésus va confier ses paroles à ce groupe qui l’a suivi et, à sa suite, ce sera désormais à eux de porter au monde les paroles de vie éternelle. Mais ils le découvriront après tous les événements, après le deuil, après les apparitions du Maître.

Sa vie surpuissante n’a pas été terrassée par la croix. Elle est devenue signe de ralliement, signe de victoire, tremplin pour la communication tous azimuts de la nouvelle stupéfiante de la vie plus forte que la mort. Le petit groupe des disciples, témoin de cette histoire, devient l’héritier de ces paroles de feu et de l’esprit d’amour qui a animé Jésus durant toute sa vie d’homme. Il leur a en fait tout dit avec cette annonce de l’envoi de l’Esprit.

Mais ses disciples ne pouvaient pas tout saisir sur le moment. Seuls les événements tragiques devaient les faire entrer dans une nouvelle perspective. Tout en nous se refuse à affronter le tragique. Tout un pan du réel et de la grâce pourtant s’y révèlent et s’y déploient. Jésus connaît bien les siens et il ne va pas les lâcher. À ce moment-là, lui seul les sait capables de ce qu’ils feront quand ce sera leur heure. Enfants du Père, ils le seront vraiment, chacun et une multitude après eux, sous l’impulsion de l’Esprit d’amour qui fait de tous des vivants, des héritiers du Père et du Fils, des transmetteurs de joie.

Cascade d’amour qui prend sa source dans le ciel penché sur la terre, il y a bien des chances que ce torrent de bonté nous emporte sur ses sentiers pour porter une de ces paroles échappée du coeur de Dieu. Il a besoin de visages et de connivence. Dieu, tu as raison, on ne peut pas tout porter maintenant.

Alors garde-nous bien dans ton cercle d’intimité, dans ton souffle bienfaisant et ton regard qui nous espère si grand qu’on aurait du mal à y croire. Ne nous quitte pas un seul instant. Avec toi, tout est plein, tout est à nous


Equipe Evangile&Peinture - M-D Minassian - Peinture Bernadette Lopez

Lire la suite

Méditation 7e dimanche de Pâques

29 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Jean (17, 20-26)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

UNITÉ GRANDISSANTE

Un pouvoir plus fort que la mort est entrée dans le monde avec Jésus. Au terme de son parcours parmi les hommes avec ses disciples, Jésus remet tout entre les mains de son Père. Avec cette prière, c’est se trouver au cœur de leur intimité. L’amour de Jésus y apparaît dans toute son extension. Tout est remis et tout est donné. Sa prière est le filet de grâce dans lequel il ne perd aucun de ceux que le Père lui a confié. Un filet qui transcende l’espace et le temps, et vient, comme une promesse déjà tenue, embrasser tous ceux qui croiront en l’amour mis en croix pour que le monde ait la vie. Jusqu’à nous, ici, qui découvrons la source de toute grâce, et l’étreinte éternelle dont nous sommes nés.

Dans sa prière se dévoile la stratégie lente et silencieuse de l’amour désarmé qui n’a rien d’autre à offrir que l’hospitalité du cœur, que la communion et l’unité entre les personnes. Dans cette prière, tout est offert, tout est accessible, tout est transmissible. Dans ce faisceau d’amour tout est pris, et ouvert à son tour à la communauté des destinataires. 

Cette prière de Jésus nous introduit dans la confidence d’une nouvelle bien plus actuelle que toute autre : nous sommes pris à témoin de la propagation du divin amour dans l’espace et le temps. Participants de sa spirale de bonté, nous ne pouvons pas douter de la force qui est à l’œuvre dans notre monde aujourd’hui. La prière de Jésus est en train de le soulever, de le renouveler, de lui ouvrir les yeux sur l’unique destination et vocation humaine : le cœur de Dieu. Son amour en Jésus a rejoint l’histoire des hommes.

Cette incursion a changé le sens de l’histoire. Les puissants d’hier sont devenus les tragiques résistants à cette lame de fond qui retourne l’univers vers sa source. Nous refluons vers le Dieu d’amour qui nous a posés dans la vie. C’est à la lumière de sa prière que nous avançons dans nos existences désormais reliées, encordées, solidaires. Dieu a fait de nos histoires son affaire. Rien n’échappe désormais à sa présence.

Dieu, fais de nous des contemplatifs de ton cœur aimant, des agents de ta prière et de la communion dans l’amour. Que ta lumière sans déclin illumine nos avenirs moroses. Que notre foi garde en mémoire la promesse de cette victoire, que notre espérance en vive, et que notre charité en témoigne corps et sang.


  
Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>