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Le berceau du fer

meditation

Méditation 5e dimanche de Pâques

15 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres

« Mon Père, je m’abandonne à toi… » ces mots, nous les reconnaissons. Ils sont de fr. Charles de Foucauld, canonisé aujourd’hui sur la place Saint Pierre à Rome avec 9 autres serviteurs de Dieu. Pas vraiment la dernière place ? Si l’on en croit l’évangile, les premiers seront derniers et les derniers premiers. Dans l’ordre de l’amour, les saints n’ont pas toujours été aimés, certains ont même été persécutés. Mais ils ont tous été brûlés par le commandement nouveau. Aimez-vous les uns les autres dit Jésus à ses disciples désertés par Judas. 

L’amour chez lui n’est pas allé jusqu’au bout. Il s’est laissé emporter par le mal, détourner par un autre motif. Jésus a pourtant déjà acquis la victoire. Chez lui, l’amour a fait sa course dans un regard ininterrompu vers le Père. Et ses disciples n’ont pas d’autre voie que celle qu’il a empruntée. 

L'amour commence à la maison : d'abord dans votre famille et ensuite dans votre ville. C'est facile de prétendre aimer les gens qui sont très loin, mais beaucoup moins facile d'aimer ceux qui vivent avec nous ou tout près de nous. Méfions-nous des grands projets impersonnels : l'amour doit commencer par une personne. 

Pour venir à aimer quelqu'un, il faut le rencontrer, se rendre proche de lui. Tout le monde a besoin d'amour. Tous les êtres humains ont besoin de savoir qu'ils comptent pour les autres et qu'ils ont une valeur inestimable aux yeux de Dieu. 

Le respect de la dignité et de la famille humaine dans un territoire, dans une nation est la garantie de la paix entre les hommes et les femmes, entre les peuples et les cultures.

L’amour presse d’être donné, partagé totalement. Ce faisant, il devient un appel, une spirale de bonté puissante

Le point d’arrivée, c’est Dieu lui-même qui ne cesse de donner l’amour dont nous nous aimons. La mutualité qui est en Dieu nous atteint par la foi. Il fait de toute vie un foyer d’hébergement de cet amour trop grand pour ne pas s’offrir.

La gloire de Dieu est d’être en nous, pour nous et avec nous. Il nous relève, nous envoie et nous déploie. Il nous donne mission de nouveauté : de créer du neuf dans le monde blessé par le mal. Laissons-le donc nous agréger les uns aux autres, faire de nous le corps de sa tendresse, le bras consolidé de sa bonté.

Nous devons tous nous appliquer à évangéliser par des actes concrets, par des œuvres de solidarité. On a tous quelque chose à partager.
 

Equipe Evangile@Peinture – Mère Théresa – Marie-Dominique Minassian -François Roger- image Charles de Foucault.

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Méditation 4e Dimanche de Pâques

8 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Evangile selon saint Jean (10, 27-30)
 

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

ABRI DIVIN

En quelques lignes Jésus trace entre ciel et terre le lien indéfectible qui l’unit au Père et à tous ceux qui le suivent. Pour saisir la force de ce lien, il faut regarder l’unité du Père et du Fils. Rien d’étranger entre eux. Tout est commun, partagé, l’un étant l’espace du don de l’autre. Cette merveilleuse circulation d’amour aurait pu en rester là. Nul besoin d’élargir le cercle.

Pourtant, c’est bien dans cet espace de bonté que se trouve pris celui qui accueille la parole de Jésus. C’est par elle que la vie circule, c’est par elle que le désir augmente, c’est par elle que la joie survient. La parole appelle le silence de l’écoute et crée l’espace de la communion. La parole ouvre le cœur et l’oreille profonde. Le silence est l’indice de la présence recueillie. Il est l’espace de résonance pour les mots essentiels. Il est le tamis de la chair rencontrée. Le silence se sait fait pour ce moment-là. Il est le signe de reconnaissance, la trace du sens retrouvé.

L’écoute est l’attache solide par laquelle la vie circule. Rien d’établi ou de figé. Une relation vivante, sensible, actuelle relie, dans l’amour, tous ceux qui écoutent la voix de Jésus. C’est tout son être qui se donne en partage. Ses mots nous donnent la main pour la traversée essentielle. Ils nous préparent à notre Pâque, nous introduisent dans la vie qui ne finit pas. Ils sont le marchepied solide pour la paix, l’abri contre vents et marées. Il fait bon se trouver dans l’enclos de la parole, sous la houlette du berger qui donne sa vie pour ses brebis. Sa voix perce dans le brouillard et la nuit. Elle vient nous chercher, pour nous reposer et ouvrir à tous la procession de l’espérance.

Entrons sans peur dans cet enclos ouvert sur le cœur de Dieu. Pas d’autre bonheur que toi Seigneur!


  
Equipe Evangile0Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 3e Dimanche de Pâques

1 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Evangile selon saint Jean (21,1-19)
 

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »
 

NOUS AUSSI

Il y a comme une capacité des événements malheureux à nous rassembler pour faire front. Les disciples expérimentent cela. La mort de Jésus les a soudés ensemble d’abord dans la peur, puis, peu à peu, dans la joie timide d’apparitions trompant le deuil. Le groupe des disciples vit aussi sa Pâque, comme groupe. La tentation de s’enfermer dans la solitude de la tristesse ou dans la déception semble à la porte quand le Ressuscité rejoint le groupe. On était revenu à la vie d’avant laissée en plan pour un jeune rabbi plein de promesses. On retournait ainsi ce que l’on connaissait, à ce que l’on savait faire de mieux. C’est le mouvement de Pierre… « moi je vais à la pêche », puis des autres qui le suivent : « nous aussi on vient avec toi ». Solidarité dans le sentiment de perte. Solidarité dans l’essai de surmonter le vide.

Mais le résultat n’est pas là. La pêche est infructueuse. Le jour qui semblait une nouvelle fois morose va changer de visage et basculer avec cet autre qui leur apparaît pour la troisième fois. Comme si les deux précédentes apparitions étaient restées en surface, n’avaient pas atteint la profondeur de l’être et de l’agir. Jésus a la mémoire du chemin laborieux de la foi depuis le temps qu’il chemine avec les siens ! Pédagogie du nous et du je… Jésus rassemble, forme-le-nous, l’ouvre à sa vie nouvelle. Il affermit aussi le cœur de celui à qui il a choisi de confier ce groupe désemparé. Ce n’est pas la fragilité et le deuil qui doivent être le ciment ou le socle de leur quotidien, mais bien leur communauté de vie et d’espérance née du drame qui tourne en joie. Les disciples reviennent à la vie d’avant mais rien ne sera plus comme avant. Jésus Ressuscité a pour toujours transformer la vie de ses disciples. Il a semé dans leur mémoire les signes de reconnaissance : abondance, partage, proximité, pardon. Ici s’inaugurent la pêche des hommes et la communauté née de la croix. Elle est reconnaissance, dépassement de soi, accueil de l’inespéré. La communauté des endeuillés fait place à celle des visités et des envoyés. Les disciples deviennent apôtres, chargés du filet du maître à déployer sur le monde. Le Crucifié Ressuscité est l’épicentre de cette joie destinée à se répandre dans le monde entier.

Nous aussi nous sommes désormais pris dans la mission. Nous aussi nous avons été « restaurés ». Jésus nous a emmenés au plus profond de nous-mêmes. Nous avons fait l’expérience dans notre chair de sa profusion d’amour qui noie le péché, le confond, l’étouffe par le don prodigieux d’une vie que rien n’atteint, d’un pardon que rien n’entame, d’une confiance que rien n’ébranle. Nous aussi nous faisons désormais corps avec ces disciples pardonnés devenus apôtres, baptisés dans le pardon du Ressuscité, envoyés pour « restaurer » le monde, pour le faire entrer dans la nouveauté du Royaume où le Ressuscité nous précède. Dans cette aventure maintenant, un seul mot d’ordre : « toi, viens, suis-moi” !


  
Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation - Vendredi Saint - La Passion du Seigneur

15 Avril 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Passion selon saint Jean (18,1-19.1-42) (extrait)
 

 Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. » Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? » Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. » Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. » En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. » Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. » Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus.
 
DIFFICILE HUMANITÉ

Quel contraste frappant en ce Jésus tellement consistant et ces autres que la Passion met en lumière, saisis de peur, tentés par la violence et finalement y cédant.
 
Jésus tellement déterminé qu’il fait reculer et tomber à terre ceux qui viennent l’arrêter. Humanité renversée par la volonté d’un seul d’embrasser ce qui vient, d’aller vers la mort qui l’attend comme il a vécu: dans la force de l’Esprit.

Jésus tellement libre de se laisser emprisonner, ne porte que le souci des siens. Humanité violente sous le joug de l’épée, bouleversée par le choix d’un seul de boire la coupe de la Passion.

Jésus tellement vrai devant ses accusateurs. Humanité déconcertée qui fuit dans le mensonge pour en finir avec lui.

Jésus tellement souverain qu’il échappe à toute les manœuvres et marchandages. Humanité démasquée qui se décharge de ce forfait dont personne ne se veut responsable.

Jésus apparu tellement homme qu’ils pensaient pouvoir le supprimer. Humanité aveuglée en butte avec ce qui la dépasse.

Jésus tellement offert, cloué sur la croix. Humanité transpercée, tellement aimée.

« Tout est accompli »

Humanité tellement sidérée, en silence devant ce corps chargé de tant d’amour.
Humanité tellement fragile, révélée par le choix d’un seul de boire cette coupe. Elle n’est ni meilleure ni pire. Juste aimée. Indéfectiblement.
Humanité tellement en devenir, emportée par cette vie hors-norme par delà son péché.

Humanité tellement désirée par celui qui l’attend désormais sur l’autre rive


Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez

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Divine cuvée - 2e dimanche du temps ordinaire

16 Janvier 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #méditation

Évangile selon saint Jean (2, 1-11)

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

DIVINE CUVÉE

On a beau être invités à une fête, donc déchargés de toute responsabilité ou tâche concrète, quand on est attentifs à la vie, on voit bien si quelque chose lui manque. Marie était de ces personnes veillant sur la vie, anticipant ce qui pourrait lui manquer. C’est l’amour qui donne ce regard ample et profond. Et comme c’est d’un mariage qu’il s’agit, la fête de l’amour ne peut être gâchée.

Marie agit donc en se tournant vers son fils, certaine qu’il est la clé de la situation. Marie est d’ailleurs la seule à le savoir. Ses disciples sont avec Jésus sur les dires de Jean-Baptiste. “Voici l’Agneau de Dieu”, leur avait-il seulement dit. Questionné, Jésus les avait simplement invités : “Venez et vous verrez”. Ils sont là, à la fête. La réponse abrupte de Jésus à sa mère semble signifier que la demande n’est pas à la hauteur de la mission de Jésus. L’Heure dont il parle c’est celle pour laquelle il est venu et qui va le dévoiler à tous sur le trône de la croix. Mais il est aussi des “petites heures” dans la liturgie du don. Et Marie le sait bien poussant ainsi son fils à l’action. C’est bien d’alliance qu’il s’agit dans ce mariage, et de célébration de la vie. Entre Dieu et l’homme. Et Jésus est venu pour cela, vivre et célébrer en sa chair l’amour du Père pour tous les hommes. Le sauvetage de l’amour commence ici à Cana, dans l’anonymat d’un mariage qui aurait pu mal commencer. L’écoute de la situation, la lecture divine des événements et l’intercession.

A Cana, Marie nous initie à la lectio Divina, au regard intégral qui veille en tous temps sur la vie, et se tourne vers son enfant, donné pour que le monde ait la vie en plénitude. Ouverte par sa maternité au désir de Dieu, elle s’est ouverte aux besoins des hommes. Quelque chose s’inaugure à Cana. Le service de la vie est en jeu. Marie fait entrer Jésus dans son offrande. Cette eau transformée en bon vin à profusion est le fruit du pressoir du cœur de Marie. Il est le fruit du pressoir par lequel Dieu lui-même a choisi de passer pour nous donner de son cœur, pain et vin, nourriture pour la vie éternelle. La mère et le fils… merveilleux tandem à l’œuvre pour la joie de tous.

Ce jour-là ce n’est pas seulement une fête qui a été sauvée, c’est la porte du ciel qui s’est ouverte, accessible à tous ceux qui, comme Marie, savent que Jésus est là et que toute chose peut se transformer sous son action. Á commencer par nous qui pouvons devenir sa chair et son sang, sa présence continuée sur cette terre qui a tant besoin de sa bonté. “Faites-tout ce qu’il vous dira”, enjoint Marie… Elle vient d’embaucher ses diacres de l’espérance, pour le service de la table des affamés et des assoiffés de justice.

Cet appel, c’est pour nous aujourd’hui. Devenons les témoins émerveillés de sa grâce qui sourd de nos jours les plus enténébrés, les serviteurs de la confiance, les discrets agents de la bonté et de la joie pour tous.


 
Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian – Bernadette Lopez

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Méditation baptême du Seigneur

9 Janvier 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation, #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (3,15-16.21-22)
 

En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

ATTESTATION CÉLESTE
Jean-Baptiste attire à lui les foules. Pas pour se les annexer, se les approprier, mais au contraire pour préparer le chemin d’un autre, tourner les cœurs vers celui qui vient. Jean-Baptiste n’est pas un imposteur, mais un précurseur. Son être est totalement tourné vers sa mission de préparer la rencontre du peuple avec son sauveur. Il n’est pas mis en doute par l’attente de ceux qu’il rencontre, prêts à l’investir de tous les titres. Il ne détourne rien mais réoriente. Admirable Jean-Baptiste qui va baptiser celui que lui-même attend et voir comme tous le ciel s’ouvrir

Jésus n’est pas venu du ciel mais du peuple. L’attente des hommes a été entendue. Dieu a écouté du plus profond de l’homme jusqu’à devenir l’un d’entre eux, pour être parmi eux, la clé du ciel. La prière de Jésus est venue embrasser le désir de salut déposé dans le cœur humain. Elle trace désormais l’arc en joie qui relie Dieu et l’homme. Dieu s’est fait proche en Jésus pour que l’homme trouve aussi sa joie en Dieu. La note essentielle est dévoilée

L’Esprit Saint messager de la joie, attend chacun de nous. Le baptême réalisé par le geste de l’eau inaugure une vie reliée, une vie d’alliance marquée par la joie réciproque de l’amour. Le ministère de l’amour et de la joie nous ont été confiés. Où en sommes-nous de cette joie reçue, de cet amour paternel offert ? Où en sommes-nous de notre filiation du ciel? Beaucoup sur terre attendent la joie déposée en nous pour tout le peuple. Jésus le savait. Il n’a pas refusé cette vie-là. Il l’a embrassée jusqu’à la croix. La vie pascale démarre là: pour que le monde ait la joie et qu’il l’ait en plénitude.

Viens Esprit Saint, viens nous embraser


Equipe Evangile&Peinture - M-D Minassian - Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 31e dimanche du Temps Ordinaire

31 Octobre 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (12, 28b-34)

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’ Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

SYNTHÈSE THÉOLOGIQUE

On aurait pu assister à une joute théologique, mais c’est tout l’inverse. Le scribe qui s’avance vers Jésus avec sa question ne semble pas vouloir lui tendre un piège, comme d’autres avant lui. C’est une vraie question, ouverte, qui cherche et attend une réponse pour aller plus loin. Et Jésus l’honore comme telle par une réponse synthétique ouvrant sur l’essence de la religion. Il dresse le diptyque qui surplombe toute la vie et ses préceptes. Il énonce les deux principes premiers dont découlent tous les autres.

L’amour de Dieu est le commandement portail qui mobilise toutes les énergies. Écoute Israël ! Tout l’effort est là. Ne pas quitter ce point de mire décisif : nous recevons collectivement ce premier commandement d’aimer Dieu de tout notre être. Nous le recevons aussi pour toutes les générations qui vont suivre. Nous avons une responsabilité d’écoute pour que vive cette alliance entre Dieu et nous.

Mission d’écoute qui se perpétue de générations en générations pour que l’amour qu’il nous voue ne meure pas.

Mission d’écoute pour que le peuple que nous sommes ne disparaisse pas. Mission d’écoute pour que la traduction ne trahisse pas.

Nous pensions l’amour référent en miroir… pourquoi ne pas dire : ”tu aimeras ton prochain comme tu aimes Dieu” ? Nous voilà renvoyés en fait à nous-mêmes… se peut-il que ce soit une meilleure garantie de l’amour à porter au prochain ? L’amour de soi est-il réellement le meilleur étalon ? Voilà qui est troublant… ou révélateur d’une leçon qu’on apprend seulement en chemin… nous savons que nous aimons vraiment quand nous donnons à l’autre cette part que nous n’aurions cédé à nul autre.

Est-ce là le double effet de la concentration du regard sur Dieu ? Une concentration telle que l’amour rejaillit sans effort comme une profusion donnant l’hospitalité à tout autre, faisant corps avec lui sans calcul ? Le second commandement ne serait alors qu’une conséquence du premier, son épanouissement naturel ?

Jésus synthétise et prophétise. Toute la loi et le bonheur sont là et cela porte un nom : le Royaume. Oui, le Royaume est là quand on met en pratique le premier des commandements et que l’on s’engage ainsi sur la voie du second.

Le Royaume c’est maintenant. Il est à portée d’amour et de bonté reçue et diffusée. Entrer dans cette circulation d’amour a pour premier effet secondaire de se découvrir soi-même profondément et indéfectiblement aimé. Cette expérience fondatrice née du regard porté vers Dieu ouvre à toutes les autres. Tu aimeras, nous dit Jésus. L’autre deviendra cet autre soi, cette part de moi. Dieu n’agit pas autrement avec nous. Nous sommes devenus une part de Lui : son corps, sa joie. Sa vie dessaisie nous l’atteste. Voilà le sacrifice authentique, la théologie qui ne ment pas parce qu’elle fait ce qu’elle dit et prie.

Alors non, je ne veux rien perdre de Toi. Surtout ne pas quitter ce point d’écoute et de conversion : te regarder vivre et grandir en amour de tout mon cœur, de toute mon intelligence, de toute ma force.
 
Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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"Confiance Jésus t'appelle" Méditation 30e dimanche du Temps Ordinaire

24 Octobre 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (10, 46b-52)

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

 

« Confiance, Jésus t’appelle »

Bartimée, l’aveugle de Jéricho. Cet homme est marginalisé. Il se trouve aux portes de la ville ; il est aveugle et donc considéré comme impur, ne pouvant se mêler aux croyants sous peine de les souiller ; il mendie. La société juive lui reconnaît un espace, à condition qu’il reste à sa place sans transgresser les limites. Or, entendant le cortège bruyant qui entoure Jésus à la sortie de la ville, il se met à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Il a dû entendre parler de Jésus de Nazareth, et lui donne ce titre de fils de David qu’on espère du Messie.

Bartimée est en attente de Dieu, et c’est la première étape de tout processus de guérison. La foule, sans doute disciples de Jésus inclus, le rabroue et tente de le faire taire. C’est une manière de lui dire : « Reste à la place que l’on t’a attribuée ». Bartimée veut justement sortir de son statut de marginal et de discriminé. Il continue à crier, malgré la réprobation de la foule, et son cri est un cri de vie, de non-résignation au malheur et à la déchéance.

Jésus s’arrête. Mais au lieu de s’approcher de l’aveugle pour le guérir, il s’adresse à la foule et lui demande : « Appelez-le ». Jésus fait de la foule la médiatrice de son action. Ce qu’il veut dire, c’est : « Intéressez-vous à lui, appelez-le pour le laisser entrer chez vous, ramenez-le dans votre espace, faites-lui quitter son exclusion ». La foule entre alors dans le jeu en disant à Bartimée : « Aie confiance, il t’appelle »

L’aveugle arrive devant Jésus. Celui-ci lui demande : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » « Rabbouni, que je retrouve la vue ! », lui répond Bartimée. À ce moment-là, Jésus fait quelque chose d’étonnant.

Il ne lui dit pas : « Je te rends la vue », comme s’il appliquait une thérapie magique. Il dit : « Va, ta foi t’a sauvé ». Autrement dit : « C’est toi qui as été le moteur ; c’est toi qui as voulu sortir de ta marginalité ; c’est toi qui demandes pitié ; c’est toi qui, à travers moi, fais confiance à Dieu »

C’est « ta confiance en Dieu t’a guéri ». Jésus vient, comme un médiateur, révéler ce qui peut se passer entre l’humain et Dieu quand la confiance est rétablie. C’est la raison pour laquelle Jésus renvoie toujours à Dieu la source du « guérir ». Jésus vient restaurer la relation entre la personne et Dieu. Il est un éveilleur de la confiance en Dieu.

Marchant à la suite du Christ, l’Église ne doit pas étouffer le cri des personnes qui sont au bord de la route. Elle doit transmettre l’appel à vivre de la foi en suivant Jésus sur les routes de l’histoire.

Le manteau abandonné sur le bord de la route est peut-être le signe que la rencontre avec le Ressuscité nous met en mouvement au point de renoncer à l’illusion d’être déjà arrivés. Levons et jetons nos manteaux usés comme ce jeune aveugle qui voit plus loin que tous.

Equipe Evangile@Peinture – croire.com – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 28e dimanche du Temps Ordinaire

10 Octobre 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (10, 17-30)
 

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : ‘Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.’ » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. » Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.


CHEMIN DE BONHEUR

Nous sommes en présence d’un Homme qui veut posséder la vie éternelle. Il faut lui reconnaître son indéniable désir de progresser et sa pratique intégrale des commandements depuis son jeune âge. Cela force tout de même l'admiration. Combien parmi nous peuvent en dire autant ?

« Posant son regard sur lui, Jésus l'aima » Jésus l'aime pour son passé de fidélité. Il l'aime surtout pour ce qu'il peut devenir s'il accepte d'aller plus loin. C'est dans ce but que Jésus l'appelle. Il lui propose de tout donner pour acquérir ce qui lui manque. Il lui offre d'être disciple. Il lui ouvre un destin nouveau avec cette exigence : « va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel ». 

Aujourd’hui dans le monde, cette interpellation de Jésus est toujours d’actualité. En effet, les richesses se multiplient en même temps que les pauvretés. Ainsi, les finances, les biens matériels, les recherches scientifiques, les richesses artistiques s’accumulent de façon fantastique. Et en même temps, l’appauvrissement, la misère, la dépendance et l’émergence de maladies nouvelles, marginalisent d’énormes populations. 

L’avenir de l’Homme et de la Planète, se situe dans « le vivre ensemble ». Seul le souci de l’humanité peut donner une espérance. N’est-ce pas le trésor dont parle Jésus. « Si tu veux mieux, mets toutes tes capacités et tout ce que tu possèdes au service des autres. » Autrement dit, Jésus interpelle cet homme, c’est à lui de choisir. Ou ses biens sont un moyen au service des autres, ou ils deviennent un obstacle qui l’empêche d’être au service des autres. Jésus ne blâme pas cet homme pour sa richesse, il est honnête et droit. Comme aujourd’hui, nous n’avons pas à mépriser les gens riches pour leurs grandes capacités et leurs grands moyens. De la même façon, Jésus les interpelle et nous aussi : c’est à chacun de choisir à quoi il veut faire servir ses richesses. 

Jésus corrige le verbe employé par l’homme qui veut, avoir la vie éternelle en héritage. Avoir, voilà le problème. Posséder, amasser des biens y compris une bonne réputation. Avoir, posséder une bonne image de soi, être riche de soi-même. Il y a là un manque, dit Jésus, il y a là quelque chose qui vous empêche d'entrer pleinement dans la vie éternelle dont vous rêvez. 

L'Évangile est un chemin de bonheur, une direction de vie. Il n'est surtout pas un ensemble de lois ou d'obligations. C’est le Dieu de la proposition, il respecte nos choix, c’est à chacun de se déterminer. Nous savons bien que la frénésie de la consommation ne peut pas rendre heureux. Le seul bonheur, c’est d’aimer et d’être aimé. Et l’argent doit servir à cela. Mais il peut être un bon serviteur ou le plus tyrannique des maîtres. 

Il est essentiel de réfléchir à notre manière de vivre les uns avec les autres. Car c’est au milieu des liens humains que grandit la vie de Dieu.

Equipe Evangile@Peinture - François RHIEL – Peinture Bernadette Lopez


 

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Méditation du 27e dimanche du temps ordinaire

3 Octobre 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation

Évangile selon saint Marc (10, 2-16)

Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !»

De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. » Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

COEUR SIMPLE

Jésus, décidément, déroute ses disciples prompts à écarter de leur maître tous ceux qui ne font pas partie de son cercle choisi. Voilà que l’enfant revient sur le devant de la scène. Et comme modèle qui plus est… Le point de départ est pourtant tout autre. Une discussion avec des pharisiens à propos de la loi allume la mèche. Les questions de répudiation amenées sur la table ne font que révéler l’esprit de calcul et les échappatoires masquées face aux exigences de l’amour. La légalité de l’acte de répudiation n’efface pas le caractère adultère de toute autre relation après le mariage. Et devant les exigences de l’amour, hommes et femmes sont égaux, rappelle Jésus, de manière claire.

Car c’est bien ce qui est en jeu : l’amour qui nous voue les uns aux autres. Rien ne peut nous défaire de cette exigence-là. Aucun calcul, aucune loi. Voilà qui est limpide, simple comme le cœur d’un enfant qui sait reconnaître l’amour dont il vit et s’y attache. Le permis-défendu n’est pas ce qui fait grandir dans la vie. C’est précisément l’accueil des exigences, au quotidien, de l’amour et de ses difficultés. L’amour nous agrège les uns aux autres comme les membres d’un corps. Le mariage d’un homme et d’une femme en est l’expression la plus forte, mais elle s’applique en réalité à toutes nos relations. On ne négocie rien en amour. On l’accueille, on en prend soin, parce que l’autre est devenu une part de soi. Répudier l’autre, le rejeter, c’est se répudier soi-même, s’amputer d’une part de soi. La question n’a donc rien à voir avec la légalité mais avec ce qui menace l’amour en nous et nos arrangements pour déroger aux dépassements qu’il impose. Cela menace toutes nos relations car relativiser l’amour les affaiblit toutes… pas seulement la conjugalité, mais aussi la fraternité, la parentalité et la filialité.

Jésus a raison de remettre l’enfant au centre de notre regard. Sourcier d’amour et de tendresse, ils savent d’instinct ce que le temps semble parfois effacer dans nos esprits et nos vies d’adultes habitués à justifier et transiger : c’est l’amour qui fait vivre !

Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

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