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Le berceau du fer

meditation

Méditation l'Ascension du Seigneur

26 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Luc (24, 46-53)
 

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. » Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. » Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

ONCTION MISSIONNAIRE

Sa trajectoire était écrite. Les Écritures en sont témoin. Jésus les accomplit et montre à ses disciples combien toute sa vie, mort y compris, était en vue de la réalisation de cette traversée bouleversante de l’existence humaine avec, au bout, le don promis.

Dieu ne peut se dédire. Cette Bonne nouvelle est en transit, en attente de rejoindre les extrémités du monde. Comme ce n’est pas une idée qui est à transmettre, mais un événement propre à changer la vie du monde, c’est à des témoins qu’il revient de partager leur expérience. Cela change tout. Une idée se débat. Un témoignage s’accueille. Une vie transformée n’a pas besoin de convaincre. Elle est renouvelée et sa force est manifeste. C’est ce qui attend les disciples passés par la mort avec le Christ. Ils sont atteints de la même manière par la vie qui l’a emporté en lui. Cela ne s’explique pas. On le vit et on en partage la source. C’est désormais la mission des disciples : recevoir la force d’en haut et transmettre la bonne nouvelle à tous ceux qui l’attendent, par leur propre chair bouleversée et envoyée.

C’est dans « l’effacement » du Fils et l’envoi de l’Esprit que les disciples vont devenir des témoins. C’est sur eux désormais que va reposer la mémoire active de cet accomplissement des Écritures. Ils sont l’attestation qu’un pouvoir plus fort que la mort est entré dans le monde et est désormais disponible, accessible à la foi. Les témoins de cette nouveauté vont vivre la dispersion en vue de la mission non sans, d’abord, avoir fait corps avec le Ressuscité. Ils vont s’élancer dans la force de sa bénédiction et dans l’élan de l’Esprit qui a été sa force tout au long de sa vie humaine.

L’humanité peut maintenant vivre de sa vie, jouir de sa force, passer de ce monde au Père comme le Christ. Elle peut faire l’expérience troublante de voir ses deuils tourner en joie, d’éprouver la maladie comme communion, de recevoir les tribulations comme révélations, de voir la nuit tourner en aurore. Il fallait que le Christ passe parmi nous et nous montre le terme qui nous attend. La vie espère ses témoins pour que tous accèdent à son versant éternel. Tout acte de bonté participe désormais de cette Ascension de toute l’humanité, de ce passage vers le Père, de cette aspiration réciproque à la joie et à la communion.
  

 

Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 6e Dimanche de Pâques

22 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Jean (14, 23-29)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.
 

PAROLE PATERNELLE

Pas facile de préparer les siens à son départ. Jésus le fait en ouvrant ses disciples à la nouveauté que les événements vont permettre.
Par le lien de l’amour, une nouvelle présence pourra être éprouvée : celle du Père à l’origine de l’envoi du Fils. Comment s’imaginer que la parole laissée va devenir le relais de sa présence physique ? Les disciples ne peuvent s’imaginer l’absence de Jésus, ni son silence, et ils ont raison. Car c’est bien sa présence qui va leur être redonnée, réhaussée par la mémoire de tout ce qui s’est donné de son vivant. 

L’agent de cette mémoire, l’Esprit Saint, lien du Père et du Fils, soufflera désormais aux cœurs reliés l’amour qui ne passera jamais. Rien de ce qui a été vécu dans l’amour ne tombera dans l’oubli. Tout est ressource immédiate pour la vie, pour la joie, pour la paix. Et la mort n’a dessus aucun pouvoir. Elle a trouvé plus fort qu’elle. Elle n’a pas le pouvoir de l’effacement. Ce qui est devant les disciples n’est pas une perte mais un gain. 

L’Esprit Saint va entretenir cette mémoire, la faire fructifier et fortifier ainsi les disciples pour les envoyer à leur tour vivre ce que l’amour commande. Leur marche sans fin nous atteint, nous transperce de part en part et nous enrôle pour le combat de la paix et de la fraternité. Notre chair est marquée par le sang versé d’un amour venu de loin. Hébergé pour un temps parmi nous, acquis à son style, nous marchons désormais sur ses traces, hébergés en chemin par sa parole indélébile. Nous n’avons pas d’autre lieu où loger. Sans nous le dire, il avait choisi notre cœur pour s’y établir. Nous sommes maintenant dans le sien arrimés à son souffle pour remonter à la source.

 

Ton Ascension Seigneur nous encorde à ta joie de retrouver le Père, de nous le partager. Tu viens dissiper nos appréhensions et nous préparer à ton éternelle nouveauté dans nos vies. Ton visage nous a offert l’amour dont tu vis. Ta parole nous a visités, bouleversés, assoiffés. Nous vivons désormais de ta mémoire qui ensemence notre avenir. C’est grand ouvert, comme ton cœur. C’est excessif, comme ton Père et notre Père. C’est disponible, ici et maintenant, jour après jour, attesté corps et sang.

Ton Je t’aime ne passera pas. Il nous saisit, il nous envoie et s’actualise dans l’offrande de nos vies, l’espace choisi de ton épiphanie. Reviens Seigneur Jésus… oui, reviens !

 

Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 5e dimanche de Pâques

15 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres

« Mon Père, je m’abandonne à toi… » ces mots, nous les reconnaissons. Ils sont de fr. Charles de Foucauld, canonisé aujourd’hui sur la place Saint Pierre à Rome avec 9 autres serviteurs de Dieu. Pas vraiment la dernière place ? Si l’on en croit l’évangile, les premiers seront derniers et les derniers premiers. Dans l’ordre de l’amour, les saints n’ont pas toujours été aimés, certains ont même été persécutés. Mais ils ont tous été brûlés par le commandement nouveau. Aimez-vous les uns les autres dit Jésus à ses disciples désertés par Judas. 

L’amour chez lui n’est pas allé jusqu’au bout. Il s’est laissé emporter par le mal, détourner par un autre motif. Jésus a pourtant déjà acquis la victoire. Chez lui, l’amour a fait sa course dans un regard ininterrompu vers le Père. Et ses disciples n’ont pas d’autre voie que celle qu’il a empruntée. 

L'amour commence à la maison : d'abord dans votre famille et ensuite dans votre ville. C'est facile de prétendre aimer les gens qui sont très loin, mais beaucoup moins facile d'aimer ceux qui vivent avec nous ou tout près de nous. Méfions-nous des grands projets impersonnels : l'amour doit commencer par une personne. 

Pour venir à aimer quelqu'un, il faut le rencontrer, se rendre proche de lui. Tout le monde a besoin d'amour. Tous les êtres humains ont besoin de savoir qu'ils comptent pour les autres et qu'ils ont une valeur inestimable aux yeux de Dieu. 

Le respect de la dignité et de la famille humaine dans un territoire, dans une nation est la garantie de la paix entre les hommes et les femmes, entre les peuples et les cultures.

L’amour presse d’être donné, partagé totalement. Ce faisant, il devient un appel, une spirale de bonté puissante

Le point d’arrivée, c’est Dieu lui-même qui ne cesse de donner l’amour dont nous nous aimons. La mutualité qui est en Dieu nous atteint par la foi. Il fait de toute vie un foyer d’hébergement de cet amour trop grand pour ne pas s’offrir.

La gloire de Dieu est d’être en nous, pour nous et avec nous. Il nous relève, nous envoie et nous déploie. Il nous donne mission de nouveauté : de créer du neuf dans le monde blessé par le mal. Laissons-le donc nous agréger les uns aux autres, faire de nous le corps de sa tendresse, le bras consolidé de sa bonté.

Nous devons tous nous appliquer à évangéliser par des actes concrets, par des œuvres de solidarité. On a tous quelque chose à partager.
 

Equipe Evangile@Peinture – Mère Théresa – Marie-Dominique Minassian -François Roger- image Charles de Foucault.

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Méditation 4e Dimanche de Pâques

8 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Evangile selon saint Jean (10, 27-30)
 

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

ABRI DIVIN

En quelques lignes Jésus trace entre ciel et terre le lien indéfectible qui l’unit au Père et à tous ceux qui le suivent. Pour saisir la force de ce lien, il faut regarder l’unité du Père et du Fils. Rien d’étranger entre eux. Tout est commun, partagé, l’un étant l’espace du don de l’autre. Cette merveilleuse circulation d’amour aurait pu en rester là. Nul besoin d’élargir le cercle.

Pourtant, c’est bien dans cet espace de bonté que se trouve pris celui qui accueille la parole de Jésus. C’est par elle que la vie circule, c’est par elle que le désir augmente, c’est par elle que la joie survient. La parole appelle le silence de l’écoute et crée l’espace de la communion. La parole ouvre le cœur et l’oreille profonde. Le silence est l’indice de la présence recueillie. Il est l’espace de résonance pour les mots essentiels. Il est le tamis de la chair rencontrée. Le silence se sait fait pour ce moment-là. Il est le signe de reconnaissance, la trace du sens retrouvé.

L’écoute est l’attache solide par laquelle la vie circule. Rien d’établi ou de figé. Une relation vivante, sensible, actuelle relie, dans l’amour, tous ceux qui écoutent la voix de Jésus. C’est tout son être qui se donne en partage. Ses mots nous donnent la main pour la traversée essentielle. Ils nous préparent à notre Pâque, nous introduisent dans la vie qui ne finit pas. Ils sont le marchepied solide pour la paix, l’abri contre vents et marées. Il fait bon se trouver dans l’enclos de la parole, sous la houlette du berger qui donne sa vie pour ses brebis. Sa voix perce dans le brouillard et la nuit. Elle vient nous chercher, pour nous reposer et ouvrir à tous la procession de l’espérance.

Entrons sans peur dans cet enclos ouvert sur le cœur de Dieu. Pas d’autre bonheur que toi Seigneur!


  
Equipe Evangile0Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 3e Dimanche de Pâques

1 Mai 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Evangile selon saint Jean (21,1-19)
 

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »
 

NOUS AUSSI

Il y a comme une capacité des événements malheureux à nous rassembler pour faire front. Les disciples expérimentent cela. La mort de Jésus les a soudés ensemble d’abord dans la peur, puis, peu à peu, dans la joie timide d’apparitions trompant le deuil. Le groupe des disciples vit aussi sa Pâque, comme groupe. La tentation de s’enfermer dans la solitude de la tristesse ou dans la déception semble à la porte quand le Ressuscité rejoint le groupe. On était revenu à la vie d’avant laissée en plan pour un jeune rabbi plein de promesses. On retournait ainsi ce que l’on connaissait, à ce que l’on savait faire de mieux. C’est le mouvement de Pierre… « moi je vais à la pêche », puis des autres qui le suivent : « nous aussi on vient avec toi ». Solidarité dans le sentiment de perte. Solidarité dans l’essai de surmonter le vide.

Mais le résultat n’est pas là. La pêche est infructueuse. Le jour qui semblait une nouvelle fois morose va changer de visage et basculer avec cet autre qui leur apparaît pour la troisième fois. Comme si les deux précédentes apparitions étaient restées en surface, n’avaient pas atteint la profondeur de l’être et de l’agir. Jésus a la mémoire du chemin laborieux de la foi depuis le temps qu’il chemine avec les siens ! Pédagogie du nous et du je… Jésus rassemble, forme-le-nous, l’ouvre à sa vie nouvelle. Il affermit aussi le cœur de celui à qui il a choisi de confier ce groupe désemparé. Ce n’est pas la fragilité et le deuil qui doivent être le ciment ou le socle de leur quotidien, mais bien leur communauté de vie et d’espérance née du drame qui tourne en joie. Les disciples reviennent à la vie d’avant mais rien ne sera plus comme avant. Jésus Ressuscité a pour toujours transformer la vie de ses disciples. Il a semé dans leur mémoire les signes de reconnaissance : abondance, partage, proximité, pardon. Ici s’inaugurent la pêche des hommes et la communauté née de la croix. Elle est reconnaissance, dépassement de soi, accueil de l’inespéré. La communauté des endeuillés fait place à celle des visités et des envoyés. Les disciples deviennent apôtres, chargés du filet du maître à déployer sur le monde. Le Crucifié Ressuscité est l’épicentre de cette joie destinée à se répandre dans le monde entier.

Nous aussi nous sommes désormais pris dans la mission. Nous aussi nous avons été « restaurés ». Jésus nous a emmenés au plus profond de nous-mêmes. Nous avons fait l’expérience dans notre chair de sa profusion d’amour qui noie le péché, le confond, l’étouffe par le don prodigieux d’une vie que rien n’atteint, d’un pardon que rien n’entame, d’une confiance que rien n’ébranle. Nous aussi nous faisons désormais corps avec ces disciples pardonnés devenus apôtres, baptisés dans le pardon du Ressuscité, envoyés pour « restaurer » le monde, pour le faire entrer dans la nouveauté du Royaume où le Ressuscité nous précède. Dans cette aventure maintenant, un seul mot d’ordre : « toi, viens, suis-moi” !


  
Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation - Vendredi Saint - La Passion du Seigneur

15 Avril 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Passion selon saint Jean (18,1-19.1-42) (extrait)
 

 Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. » Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? » Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. » Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. » En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. » Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. » Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus.
 
DIFFICILE HUMANITÉ

Quel contraste frappant en ce Jésus tellement consistant et ces autres que la Passion met en lumière, saisis de peur, tentés par la violence et finalement y cédant.
 
Jésus tellement déterminé qu’il fait reculer et tomber à terre ceux qui viennent l’arrêter. Humanité renversée par la volonté d’un seul d’embrasser ce qui vient, d’aller vers la mort qui l’attend comme il a vécu: dans la force de l’Esprit.

Jésus tellement libre de se laisser emprisonner, ne porte que le souci des siens. Humanité violente sous le joug de l’épée, bouleversée par le choix d’un seul de boire la coupe de la Passion.

Jésus tellement vrai devant ses accusateurs. Humanité déconcertée qui fuit dans le mensonge pour en finir avec lui.

Jésus tellement souverain qu’il échappe à toute les manœuvres et marchandages. Humanité démasquée qui se décharge de ce forfait dont personne ne se veut responsable.

Jésus apparu tellement homme qu’ils pensaient pouvoir le supprimer. Humanité aveuglée en butte avec ce qui la dépasse.

Jésus tellement offert, cloué sur la croix. Humanité transpercée, tellement aimée.

« Tout est accompli »

Humanité tellement sidérée, en silence devant ce corps chargé de tant d’amour.
Humanité tellement fragile, révélée par le choix d’un seul de boire cette coupe. Elle n’est ni meilleure ni pire. Juste aimée. Indéfectiblement.
Humanité tellement en devenir, emportée par cette vie hors-norme par delà son péché.

Humanité tellement désirée par celui qui l’attend désormais sur l’autre rive


Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez

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Divine cuvée - 2e dimanche du temps ordinaire

16 Janvier 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #méditation

Évangile selon saint Jean (2, 1-11)

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

DIVINE CUVÉE

On a beau être invités à une fête, donc déchargés de toute responsabilité ou tâche concrète, quand on est attentifs à la vie, on voit bien si quelque chose lui manque. Marie était de ces personnes veillant sur la vie, anticipant ce qui pourrait lui manquer. C’est l’amour qui donne ce regard ample et profond. Et comme c’est d’un mariage qu’il s’agit, la fête de l’amour ne peut être gâchée.

Marie agit donc en se tournant vers son fils, certaine qu’il est la clé de la situation. Marie est d’ailleurs la seule à le savoir. Ses disciples sont avec Jésus sur les dires de Jean-Baptiste. “Voici l’Agneau de Dieu”, leur avait-il seulement dit. Questionné, Jésus les avait simplement invités : “Venez et vous verrez”. Ils sont là, à la fête. La réponse abrupte de Jésus à sa mère semble signifier que la demande n’est pas à la hauteur de la mission de Jésus. L’Heure dont il parle c’est celle pour laquelle il est venu et qui va le dévoiler à tous sur le trône de la croix. Mais il est aussi des “petites heures” dans la liturgie du don. Et Marie le sait bien poussant ainsi son fils à l’action. C’est bien d’alliance qu’il s’agit dans ce mariage, et de célébration de la vie. Entre Dieu et l’homme. Et Jésus est venu pour cela, vivre et célébrer en sa chair l’amour du Père pour tous les hommes. Le sauvetage de l’amour commence ici à Cana, dans l’anonymat d’un mariage qui aurait pu mal commencer. L’écoute de la situation, la lecture divine des événements et l’intercession.

A Cana, Marie nous initie à la lectio Divina, au regard intégral qui veille en tous temps sur la vie, et se tourne vers son enfant, donné pour que le monde ait la vie en plénitude. Ouverte par sa maternité au désir de Dieu, elle s’est ouverte aux besoins des hommes. Quelque chose s’inaugure à Cana. Le service de la vie est en jeu. Marie fait entrer Jésus dans son offrande. Cette eau transformée en bon vin à profusion est le fruit du pressoir du cœur de Marie. Il est le fruit du pressoir par lequel Dieu lui-même a choisi de passer pour nous donner de son cœur, pain et vin, nourriture pour la vie éternelle. La mère et le fils… merveilleux tandem à l’œuvre pour la joie de tous.

Ce jour-là ce n’est pas seulement une fête qui a été sauvée, c’est la porte du ciel qui s’est ouverte, accessible à tous ceux qui, comme Marie, savent que Jésus est là et que toute chose peut se transformer sous son action. Á commencer par nous qui pouvons devenir sa chair et son sang, sa présence continuée sur cette terre qui a tant besoin de sa bonté. “Faites-tout ce qu’il vous dira”, enjoint Marie… Elle vient d’embaucher ses diacres de l’espérance, pour le service de la table des affamés et des assoiffés de justice.

Cet appel, c’est pour nous aujourd’hui. Devenons les témoins émerveillés de sa grâce qui sourd de nos jours les plus enténébrés, les serviteurs de la confiance, les discrets agents de la bonté et de la joie pour tous.


 
Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian – Bernadette Lopez

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Méditation baptême du Seigneur

9 Janvier 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation, #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (3,15-16.21-22)
 

En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

ATTESTATION CÉLESTE
Jean-Baptiste attire à lui les foules. Pas pour se les annexer, se les approprier, mais au contraire pour préparer le chemin d’un autre, tourner les cœurs vers celui qui vient. Jean-Baptiste n’est pas un imposteur, mais un précurseur. Son être est totalement tourné vers sa mission de préparer la rencontre du peuple avec son sauveur. Il n’est pas mis en doute par l’attente de ceux qu’il rencontre, prêts à l’investir de tous les titres. Il ne détourne rien mais réoriente. Admirable Jean-Baptiste qui va baptiser celui que lui-même attend et voir comme tous le ciel s’ouvrir

Jésus n’est pas venu du ciel mais du peuple. L’attente des hommes a été entendue. Dieu a écouté du plus profond de l’homme jusqu’à devenir l’un d’entre eux, pour être parmi eux, la clé du ciel. La prière de Jésus est venue embrasser le désir de salut déposé dans le cœur humain. Elle trace désormais l’arc en joie qui relie Dieu et l’homme. Dieu s’est fait proche en Jésus pour que l’homme trouve aussi sa joie en Dieu. La note essentielle est dévoilée

L’Esprit Saint messager de la joie, attend chacun de nous. Le baptême réalisé par le geste de l’eau inaugure une vie reliée, une vie d’alliance marquée par la joie réciproque de l’amour. Le ministère de l’amour et de la joie nous ont été confiés. Où en sommes-nous de cette joie reçue, de cet amour paternel offert ? Où en sommes-nous de notre filiation du ciel? Beaucoup sur terre attendent la joie déposée en nous pour tout le peuple. Jésus le savait. Il n’a pas refusé cette vie-là. Il l’a embrassée jusqu’à la croix. La vie pascale démarre là: pour que le monde ait la joie et qu’il l’ait en plénitude.

Viens Esprit Saint, viens nous embraser


Equipe Evangile&Peinture - M-D Minassian - Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 31e dimanche du Temps Ordinaire

31 Octobre 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (12, 28b-34)

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’ Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

SYNTHÈSE THÉOLOGIQUE

On aurait pu assister à une joute théologique, mais c’est tout l’inverse. Le scribe qui s’avance vers Jésus avec sa question ne semble pas vouloir lui tendre un piège, comme d’autres avant lui. C’est une vraie question, ouverte, qui cherche et attend une réponse pour aller plus loin. Et Jésus l’honore comme telle par une réponse synthétique ouvrant sur l’essence de la religion. Il dresse le diptyque qui surplombe toute la vie et ses préceptes. Il énonce les deux principes premiers dont découlent tous les autres.

L’amour de Dieu est le commandement portail qui mobilise toutes les énergies. Écoute Israël ! Tout l’effort est là. Ne pas quitter ce point de mire décisif : nous recevons collectivement ce premier commandement d’aimer Dieu de tout notre être. Nous le recevons aussi pour toutes les générations qui vont suivre. Nous avons une responsabilité d’écoute pour que vive cette alliance entre Dieu et nous.

Mission d’écoute qui se perpétue de générations en générations pour que l’amour qu’il nous voue ne meure pas.

Mission d’écoute pour que le peuple que nous sommes ne disparaisse pas. Mission d’écoute pour que la traduction ne trahisse pas.

Nous pensions l’amour référent en miroir… pourquoi ne pas dire : ”tu aimeras ton prochain comme tu aimes Dieu” ? Nous voilà renvoyés en fait à nous-mêmes… se peut-il que ce soit une meilleure garantie de l’amour à porter au prochain ? L’amour de soi est-il réellement le meilleur étalon ? Voilà qui est troublant… ou révélateur d’une leçon qu’on apprend seulement en chemin… nous savons que nous aimons vraiment quand nous donnons à l’autre cette part que nous n’aurions cédé à nul autre.

Est-ce là le double effet de la concentration du regard sur Dieu ? Une concentration telle que l’amour rejaillit sans effort comme une profusion donnant l’hospitalité à tout autre, faisant corps avec lui sans calcul ? Le second commandement ne serait alors qu’une conséquence du premier, son épanouissement naturel ?

Jésus synthétise et prophétise. Toute la loi et le bonheur sont là et cela porte un nom : le Royaume. Oui, le Royaume est là quand on met en pratique le premier des commandements et que l’on s’engage ainsi sur la voie du second.

Le Royaume c’est maintenant. Il est à portée d’amour et de bonté reçue et diffusée. Entrer dans cette circulation d’amour a pour premier effet secondaire de se découvrir soi-même profondément et indéfectiblement aimé. Cette expérience fondatrice née du regard porté vers Dieu ouvre à toutes les autres. Tu aimeras, nous dit Jésus. L’autre deviendra cet autre soi, cette part de moi. Dieu n’agit pas autrement avec nous. Nous sommes devenus une part de Lui : son corps, sa joie. Sa vie dessaisie nous l’atteste. Voilà le sacrifice authentique, la théologie qui ne ment pas parce qu’elle fait ce qu’elle dit et prie.

Alors non, je ne veux rien perdre de Toi. Surtout ne pas quitter ce point d’écoute et de conversion : te regarder vivre et grandir en amour de tout mon cœur, de toute mon intelligence, de toute ma force.
 
Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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"Confiance Jésus t'appelle" Méditation 30e dimanche du Temps Ordinaire

24 Octobre 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (10, 46b-52)

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

 

« Confiance, Jésus t’appelle »

Bartimée, l’aveugle de Jéricho. Cet homme est marginalisé. Il se trouve aux portes de la ville ; il est aveugle et donc considéré comme impur, ne pouvant se mêler aux croyants sous peine de les souiller ; il mendie. La société juive lui reconnaît un espace, à condition qu’il reste à sa place sans transgresser les limites. Or, entendant le cortège bruyant qui entoure Jésus à la sortie de la ville, il se met à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Il a dû entendre parler de Jésus de Nazareth, et lui donne ce titre de fils de David qu’on espère du Messie.

Bartimée est en attente de Dieu, et c’est la première étape de tout processus de guérison. La foule, sans doute disciples de Jésus inclus, le rabroue et tente de le faire taire. C’est une manière de lui dire : « Reste à la place que l’on t’a attribuée ». Bartimée veut justement sortir de son statut de marginal et de discriminé. Il continue à crier, malgré la réprobation de la foule, et son cri est un cri de vie, de non-résignation au malheur et à la déchéance.

Jésus s’arrête. Mais au lieu de s’approcher de l’aveugle pour le guérir, il s’adresse à la foule et lui demande : « Appelez-le ». Jésus fait de la foule la médiatrice de son action. Ce qu’il veut dire, c’est : « Intéressez-vous à lui, appelez-le pour le laisser entrer chez vous, ramenez-le dans votre espace, faites-lui quitter son exclusion ». La foule entre alors dans le jeu en disant à Bartimée : « Aie confiance, il t’appelle »

L’aveugle arrive devant Jésus. Celui-ci lui demande : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » « Rabbouni, que je retrouve la vue ! », lui répond Bartimée. À ce moment-là, Jésus fait quelque chose d’étonnant.

Il ne lui dit pas : « Je te rends la vue », comme s’il appliquait une thérapie magique. Il dit : « Va, ta foi t’a sauvé ». Autrement dit : « C’est toi qui as été le moteur ; c’est toi qui as voulu sortir de ta marginalité ; c’est toi qui demandes pitié ; c’est toi qui, à travers moi, fais confiance à Dieu »

C’est « ta confiance en Dieu t’a guéri ». Jésus vient, comme un médiateur, révéler ce qui peut se passer entre l’humain et Dieu quand la confiance est rétablie. C’est la raison pour laquelle Jésus renvoie toujours à Dieu la source du « guérir ». Jésus vient restaurer la relation entre la personne et Dieu. Il est un éveilleur de la confiance en Dieu.

Marchant à la suite du Christ, l’Église ne doit pas étouffer le cri des personnes qui sont au bord de la route. Elle doit transmettre l’appel à vivre de la foi en suivant Jésus sur les routes de l’histoire.

Le manteau abandonné sur le bord de la route est peut-être le signe que la rencontre avec le Ressuscité nous met en mouvement au point de renoncer à l’illusion d’être déjà arrivés. Levons et jetons nos manteaux usés comme ce jeune aveugle qui voit plus loin que tous.

Equipe Evangile@Peinture – croire.com – Peinture Bernadette Lopez

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