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Le berceau du fer

meditation dominicale

Méditation 22e dimanche du Temps Ordinaire année C

28 Août 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Evangile Luc 14, 1. 7-14

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : ‘Mon ami, avance plus haut’, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. » 

Les valeurs du Royaume

Jésus propose une règle rarement appliquée dans les relations sociales : Inviter des pauvres, des estropiés, des aveugles, des exclus qui ne pourront jamais rendre l'invitation. Comportement basé non plus sur l'amour de soi ou d'un "proche", mais sur le comportement même de Dieu ! 

Dans notre monde, il y a les pressés qui font tout pour être les mieux placés et qui trouveront toujours une place. Et il y a ceux qui n'osent même pas penser qu'il puisse y avoir une place pour eux et qui sont perpétuellement délaissés. Mais dans le Royaume de Dieu, ce n'est pas à nous de gagner notre place à force de records ou de magouilles. C'est Dieu qui place gratuitement.

L’important c'est que nous soyons chacun à notre place, celle qui correspond aux dons que Dieu nous a faits. Dieu ne mesure pas notre valeur à nos diplômes, à notre look devant la caméra. Si tu veux entrer dans le Royaume, il faut être humble et désintéressé, vivre dans le monde de la gratuité. Or on vit dans un monde de compétition, où chacun veut être le meilleur, le 1er, un gagneur. Pas question de s’écraser, ni de s’abaisser. Pour réussir, on est capable d’écraser les autres, les plus faibles et les plus démunis. Pas question de nous laisser distancer par d’éventuels concurrents. Or, dans le Royaume que Jésus est venu inaugurer, c’est tout le contraire, à tel point que « les premiers seront derniers et les derniers seront premiers », et que « tout homme qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé. »

Les valeurs du Royaume sont diamétralement opposées aux valeurs qui nous font courir. Et ce sont ces valeurs seules qui permettent aux hommes d’être vrais et d’éviter de se croire supérieurs aux autres. L’étymologie du mot humble, en latin humilis, vient de humus, la terre, et pas n’importe quelle terre, mais plus précisément le terreau. 
Être humble, c’est être une bonne terre, qui se laisse bien travailler pour être féconde. Elle arrive en tête de toutes les valeurs du Royaume : Elle seule peut nous permettre, en nous laissant façonner par le Christ et en imitant ses manières de vivre et d’être en relation, d’être vrais. 

Jésus, au cours de ce repas, préconise une autre valeur essentielle pour vivre dans son Royaume : La gratuité. Elle aussi va nous faire ressembler au Christ, à Dieu. Le conseil de Jésus – « invite des pauvres, des estropiés » - est une manière de nous inviter à être pleinement désintéressés, en ne cherchant jamais le « donnant-donnant » et les petits calculs. Il s’agit d’apprendre « à être généreux… à donner sans compter, à nous dépenser sans attendre d’autre récompense que celle de savoir que nous faisons votre sainte volonté » selon la prière de St Ignace de Loyola, adoptée comme prière par le scoutisme. Il s’agit de substituer à une religion des mérites, où tout est calculé en termes de marchandage (je fais tel geste de charité en espérant bien en être récompensé), une religion de la gratuité. Cette gratuité que les théologiens appellent « grâce » car elle est dont gratuit de Dieu. Le Royaume, c’est un monde où « tout est grâce ». 

Par toi, la dernière place est devenue source de joie et d'espérance ; car qui que nous soyons, où que nous soyons, dans l'échelle sociale, nous pouvons avancer… et marcher avec toi,… pour le bonheur de tous

Equipe Evangile@Peinture – Père Vincent Ravince - communauté de paroisses Frédéric Ozanam - Peinture Bernadette Lopez
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Méditation 16e dimanche du Temps Ordinaire 17 juillet 2022

17 Juillet 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (10, 38-42)

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

 

DIVINE HOSPITALITÉ

Voilà un épisode de la vie de Jésus qui fait grincer des dents les maîtresses de maison qui se reconnaissent bien dans les récriminations de Marthe.
 
Car Jésus arbitre bel et bien entre les deux sœurs, et offre, au passage, une double lecture.
Le premier niveau de lecture est un reflet de l’état intérieur de Marthe. Si l’hospitalité offerte génère accaparement et stress, c’est le climat qui en vient à changer et qui va se répercuter sur le bien-être de la personne accueillie. Un tourbillon est rarement apprécié, même si cela part d’un bon sentiment. On le comprend bien.
 
Le second niveau de lecture rejoint une insistance récurrente chez Jésus: bienheureux ceux qui écoutent ma parole… dit-il. Marie se situe à ce niveau de l’hospitalité qui n’est plus de l’ordre du service, mais bien de l’être-là, de l’être-avec, du partage. Mieux, Marie perçoit en Jésus bien plus qu’un hôte. Elle y perçoit une source de vie. Comment lui reprocher de s’en abreuver? Sa soif est même touchante pour Jésus. L’accueil de sa parole est, du reste, tout autant un signe d’hospitalité. En retour, il devient l’hôte qui accueille la soif de Marie.

Divine hospitalité qui révèle tant de choses de nous-mêmes... Marie fait en réalité honneur à l’hôte originel qui ouvre sa table partout où il passe. Elle a reconnu en Jésus celui qui a fait de sa vie et de l’hospitalité une respiration permanente, de la mutuelle présence un cadeau perpétuel. Marie a été séduite par ce style de vie. Elle est allée chercher ce cœur à cœur de la Parole pour ne plus le quitter. Peu importe où il la mènera.

Demeurer aux pieds de Jésus n’est pas une indication géographique mais un axe et une orientation existentielle première, dans laquelle tout le reste de la vie - agitation y compris - trouvera toujours son sens et son repos. Marie a choisi ce que Marthe ne pouvait voir, prise par son devoir. Marie ne s’en est pas extraite, prise par sa soif. Et Jésus ne peut la blâmer, pris par sa tendresse.
 
Finalement Marthe apparaît isolée dans sa frustration. La seule issue peut survenir par en haut: par cette double joie qui pourrait l’envahir, que Jésus soit si bien accueilli à elles deux, dans le service et l’être-avec, et que sa sœur profite de la parole de cet hôte merveilleux.

Il n’y a au fond que la jalousie qui nous barre en tous temps le chemin de la joie en plénitude. Parce qu’il y a tant de motifs d’être heureux, si ce n’est pour soi, au moins pour les autres... Bienheureux ceux qui écoutent la parole et la mettent en pratique. Là est la source d’une joie imprenable.

Prière

Seigneur, à moi qui perds mon temps à vouloir le rentabiliser, 
tu me dis : "Arrête de t'agiter !" 
Oui, je m’agite, je fais du vent et j’oublie le nécessaire. 
Je m'agite et je me perds de vue, et je te perds de vue. 
Ma journée, ma vie est comme un puzzle éparpillé en mille morceaux. C'est tellement vrai que parfois je pense que te prier, t'écouter est secondaire. 
Seigneur apprends-moi, à me poser pour goûter le plaisir d’exister, à me taire pour écouter la vie qui bat en moi, à m'asseoir près de toi, à perdre du temps avec toi, pour raviver en moi le goût de l'essentiel !

 

Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 15e dimanche du Temps Ordinaire année C

10 Juillet 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

15 ème Dim. Ord. C - Luc 10 25-37 : « Va, et toi aussi, fais de même. »

En ce temps-là, un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : ‘Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.’ Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Le Bon Samaritain

Être soi-même le ‘Prochain’ de tout homme ! Aimer c'est agir et servir efficacement, de façon que tout homme trouvé blessé sur notre route, soit soigné, soutenu… Mais cela suffit-il ? La Sécurité sociale aussi rend service. C'est un organisme animé, comme beaucoup d'autres, par le sens de la solidarité humaine et un altruisme dont les racines sont chrétiennes. 

Mais que nous demande vraiment Jésus ? Dans l'évangile de Luc, la parabole du bon samaritain est aussitôt suivie du célèbre récit de Marie écoutant Jésus, alors que Marthe s'affaire. Jésus répond à Marthe, qui est débordée et demande un coup de main de sa sœur : "elle a choisi la meilleure part !" 

L'essentiel est là qui transforme le service en geste d'amour : L'écoute de l'autre ! Avant de dire à quelqu'un : "Tu as faim, voici à manger", sommes-nous capables de nous arrêter quelques minutes pour l'entendre dire son histoire, sa souffrance et sa peine ? Autant que de lui donner ce dont il a besoin, soyons capables de recevoir ce que lui a à nous dire, ce qu'il a à nous donner ! 

Merci Seigneur, toi qui te fais sans cesse notre prochain, de nous apprendre à écouter, à servir et à aimer celui qui souffre, sans choisir, sans nous soucier de son rang social, de sa couleur de peau, de son passé, de son mérite, mais seulement de la dignité qu’il a à tes yeux ! Alors, si nous faisons le premier pas, tout homme se fera proche de son frère, proche de toi !
 

Equipe Evangile@Peinture – Père Vincent Ravince – Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 14e dimanche du Temps Ordinaire année C

2 Juillet 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

14ème Dim. Ord. C Luc 10 1-20:  « Les 72 disciples revinrent tout joyeux »

Comme les 72 envoyés, nous pouvons, nous aussi, apporter la paix, la réconciliation chez ceux chez qui nous entrons, et là, tout simplement accueillir simplement toutes les valeurs de partage. Rien de plus simple et de plus concret ! 

Jamais autant qu’aujourd’hui l’envoi ne fut plus pressant. « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ». Ne pensez pas, si vous recevez cette parole, à la raréfaction du nombre des prêtres dans des assemblées dominicales qui diminuent :  il s’agit de tous ceux et de toutes celles qui se disent disciples de Jésus.

Nous voici, tous ensemble et chacun de nous personnellement, responsables de l’annonce de la Bonne Nouvelle du Royaume au côté du prêtre qui célèbre la messe, les mariages, les baptêmes, les enterrements, communions.. 

Il n'est pas seul, il est entouré d'une équipe de diacres, de laïcs engagés dans leur communauté de paroisses, tous envoyé, pour une Eglise de disciples du Christ, missionnaire, témoins de sa lumière pour les préparations aux baptêmes, confirmations, mariages, enterrements, communions, baptêmes, à la coordination pastorale d'une église locale, missionnaire du Christ, disciple de Sa Lumière.

Ensemble, nous n’avons pas d’abord à délivrer un message, mais en priorité à établir une relation d’amitié, d'écoute, et de partage.

Seigneur, toi qui as envoyé tes disciples, deux par deux, sur les routes, porter ta Bonne Nouvelle, fais que nous ayons l'audace de répondre à ton appel, de nous dépouiller de ce qui alourdi notre marche, afin de mieux passer les frontières, de mieux rencontrer nos frères.

Prions pour les vocations sacerdotales, pour toutes les vocations des laïcs.

Père, fais se lever parmi les chrétiens de nombreuses et saintes vocations au sacerdoce,
qui maintiennent la foi vivante et gardent une mémoire pleine de gratitude de ton Fils Jésus,
par la prédication de sa parole et l'administration des sacrements, par lesquels tu renouvelles continuellement tes fidèles.

Donne-nous de saints ministres de ton autel, qui soient des gardiens attentifs et fervents de l'eucharistie, sacrement du don suprême du Christ pour la rédemption du monde.

Appelle des ministres de ta miséricorde, qui dispensent la joie de ton pardon par le sacrement de la réconciliation.

Père, fais que l'Église accueille avec joie les nombreuses inspirations de l'Esprit de ton Fils
et, qu'en étant fidèles à ses enseignements, elle prenne soin des vocations au ministère sacerdotal, à la vie consacrée, aux missions des laïcs engagés à travers l'initiation chrétienne, la pastorales des jeunes et des vocations, la pastorale des familles, la diaconie, la pastorale de la santé et des personnes handicapées, à la mission de la formation, du dialogue et de l'ouverture au monde et à la communication.

Soutiens les évêques, les prêtres, les diacres, les personnes consacrées, les laïcs engagés, et tous les baptisés dans le Christ, afin qu'ils accomplissent fidèlement leur mission au service de l'Évangile et de la création nouvelle.

Nous te le demandons par le Christ notre Seigneur. Amen.

Marie, Reine des apôtres, prie pour nous !

 

Equipe Evangile@Peinture - Extrait Père Vincent Ravince - Peinture Bernadette Lopez- Photos Roger François

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Méditation 13e dimanche du Temps Ordinaire année C

26 Juin 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (9, 51-62)

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village. En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » Un autre encore lui dit: « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

Je te suivrai comment prêtre, prophète et roi dans la vie de tous les jours 

C’est dans les actes de la vie quotidienne que le chrétien révèle sa dignité de prêtre, prophète et rois. Par quels actes concrets le disciple de Jésus agit-il en vertu de ses trois mandats que lui confère la consécration baptismale ? 

Prêtre comme un ami
Le prêtre est celui qui offre un sacrifice à Dieu pour honorer sa gloire. Dans la vie concrète, cet office se traduit pour le chrétien par la conscience que ce qu’il entreprend, que ce soit au niveau professionnel, familial, éducatif ou caritatif, il le fait pour la gloire de Dieu. Tous les gestes qu’il pose, en tant que prêtre, sont offerts à Dieu. 

Au fond, en qualité de prêtre, le chrétien vit avec Dieu comme un ami vit avec un ami en cheminant avec Lui tout au long des jours. L’offrande de son existence ordinaire consolide sa communion avec Dieu, réalisant de la sorte la finalité : renforcer la communion avec le destinataire de notre don. De surcroît, se sanctifier par des actes concrets revient à sanctifier le monde et sanctifier le monde, c’est l’élever jusqu’à Dieu et le lui présenter en sacrifice d’agréable odeur. 

Prophète, en parole et en actes
Le prophète n’est pas celui qui prédit l’avenir, mais celui qui annonce la Parole de Dieu. Or, cette Parole peut être proclamée à la fois par des paroles mais aussi par des actes. Depuis que le Verbe s’est fait chair, nos agissements sont comme une continuation de l’Incarnation de la Parole divine — à condition que nous agissions conformément à la charité. 

Tous les actes de Jésus consignés dans les Evangiles étaient révélations du Père et du Royaume. Pareillement, le comportement de son disciple annonce la Bonne Nouvelle du Christ lorsqu’il se met au service de ses frères ou de la collectivité, en laissant deviner que ce n’est plus lui qui vit mais que c’est le Christ qui vit en lui. À ce titre, il est prophète de l’Évangile.

Roi, comme un serviteur
Le chrétien devient roi dans sa vie quotidienne lorsqu’il prend conscience que ce dont il dispose : intelligence, corps, biens personnels, famille, profession, enfants, talents, réseaux de relations, sont des dons de Dieu dont il doit se faire le bon intendant. Dieu a établi l’homme maître de certains biens ou responsables de certaines personnes. Or, la royauté du chrétien s’exerce ici sur le mode du service. En effet, en régime chrétien, régner, c’est servir. C’est ainsi que le titre de roi concerne tous les actes concrets de service que le disciple de Jésus est appelé à poser chaque jour. 

Les trois titres de prêtre, prophète et roi, loin de ne concerner que la sphère des pratiques religieuses et dévotionnelles de nos existences, se déploient au contraire dans les situations les plus banales de nos journées. Aucune qualité n’est requise pour exercer ces trois privilèges que nous confère notre baptême. Dès lors, il n’existe pas de coupure, chez le chrétien, entre élan religieux et vie de tous les jours. 

À la Pentecôte, l’Esprit saint s’est rendu visible dans les langues de feu descendues sur les Apôtres. De nos jours, il se donne à voir dans les femmes et les hommes qui œuvrent à la mission de l’Église, comme Prêtre, Prophète et Roi.

Equipe Evangile@Peinture -Jean-Michel Castaing - Peinture Bernadette Lopez

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Méditation dimanche des Rameaux et de la Passion

10 Avril 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (19, 28-40)

En ce temps-là, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem. Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie, près de l’endroit appelé mont des Oliviers, il envoya deux de ses disciples, en disant : « Allez à ce village d’en face. À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous demande : ‘Pourquoi le détachez-vous ?’ vous répondrez : ‘Parce que le Seigneur en a besoin.’ » Les envoyés partirent et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit.  Les envoyés partirent et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit. Alors qu’ils détachaient le petit âne, ses maîtres leur demandèrent : « Pourquoi détachez-vous l’âne ? » Ils répondirent : « Parce que le Seigneur en a besoin. »(…) Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus, jetèrent leurs manteaux dessus, et y firent monter Jésus. À mesure que Jésus avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant : « Je vous le dis :  si eux se taisent, les pierres crieront. »

ACCLAMATION INAUGURALE

La formulation a de quoi intriguer : « Jésus partit en avant » … comme une lame de fond qui le porte, Jésus s’engouffre dans les événements. Tout montre qu’il en connaît le déroulement par avance. Le cœur de l’homme est-il si prévisible ? Son cœur à lui est en tous les cas résolu, concentré, grave. Il est ce roi que la foule des disciples acclame et que ses adversaires redoutent. Les camps sont bien là, massés pour assister à la suite. Parce que les temps accomplis vont de l’avant. Ils doivent porter ce fruit de vérité et de lumière qui emportera ce monde vers une révélation qui va soulever l’histoire pour toujours.

Ce roi qui rentre dans la ville-symbole casse les codes. Son apparat n’est pas celui du monde. Il n’y a d’ailleurs rien de mondain en Jésus. Rien qui colle à ce que le monde réclame de lui. Sa consistance de Fils l’a fait entrer en résistance dès son entrée dans la vie. Il n’est pas comme les autres. Il est dans le monde, mais c’est lui qui le contient. Le monde est dans son cœur et dans sa main. Et c’est consciemment qu’il va se remettre dans les mains de cette foule d’hommes et de femmes qu’il a rencontrés et tant aimés. Ils pavent aujourd’hui son chemin de leurs vêtements… Geste prophétique pour Jésus qui va quitter son vêtement afin de revêtir le tablier du serviteur.

Le Roi déroutant est non seulement libre de son humanité et de tous ceux qui l’acclament, mais il est aussi libre de sa divine royauté pour entrer dans le sacerdoce de la croix. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu » médite saint Paul. Voilà l’homme-Dieu libre de vivre et d’aimer jusqu’à mourir s’il le faut. La vraie puissance se loge dans cette mort consentie et vue comme un bénéfice pour un bien plus grand… tout est accepté d’avance. C’est cela « partir en avant » … c’est le cœur libre de toute attache. L’âne détaché, c’est la figure même de Jésus porté par l’amour, obéissant jusqu’à la mort. Seuls les pharisiens qui assistent à cette liturgie royale résistent au déroulement des événements. Ils vont pourtant en être des acteurs acharnés avec les autorités. Qu’importe : la puissance est bien campée sur cet âne en mouvement vers la fin d’une attente et un avènement inscrit dans toute la création. C’est une pierre roulée qui, la première, criera la nouvelle du monde nouveau-né du coeur du Fils transpercé.

Jésus marque ainsi pour toujours notre pas et notre allure. Il s’agit pour nous aussi de partir en avant. 

 

Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

 

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Méditation 5e dimanche de Carême

3 Avril 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Jean (8,1-11)

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
 

CAS PRATIQUE
Jésus vient du Mont des Oliviers. Il vient de passer la nuit en prière et il se rend au Temple dès l’aurore. Rejoint par les gens avides de sa parole, il leur partage ce dont son cœur regorge : les paroles de vie reçues de son Père. Sa présence pourtant ne parle pas à tous et c’est un piège qui lui est tendu par les tenants du Temple. Insupportable autorité de cet homme qui draine autour de lui une foule de gens ? Rage jalouse cherchant l’occasion fautive qui le ferait condamner et disparaître de leur horizon menacé ? Le centre de l’attention semble donc bien disputé.

Une malheureuse y est placée, mais c’est bien Jésus qui est dans le viseur. Car le sort de la femme est déjà réglé par la Loi de Moïse : lapidée ! Alors que peut bien faire ce Rabbi sans se mettre lui-même en danger ? Jésus n’est pas là pour abroger la Loi, mais une autre est en préparation plus grande, plus profonde. La terre prend le relais des tables de pierre. Elle est la première confidente de cette loi nouvelle fomentée par Jésus, empli du vouloir de son Père que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en plénitude. La leçon pratique peut commencer. Premièrement désamorcer la violence. Qui pour exercer la sentence ? Jésus pose les fondements de la Loi nouvelle. Le seul habilité à rendre justice est celui qui est sans péché. Jésus désarme les violents. La vérité remet tout le monde dans le même camp. Les justiciers redeviennent des pécheurs. Qui pour blâmer et exécuter l’autre qui me ressemble ? Deuxièmement, libérer l’amour. Emprisonné de toutes parts, l’amour égaré retrouve l’espace pour se redresser et réenvisager la vie à l’aune de la tendresse et de la miséricorde qui sauve.

Au centre, il y a toujours Jésus. Il a pris sur lui la violence des uns, la peur et le péché de l’autre. Il a été l’épicentre du jugement nouveau qu’il est venu exercer au nom du Père. Il est venu planter la miséricorde au cœur de la vie des hommes. Ce sera sur la croix qu’il exercera son ultime jugement pour que nous pardonnions comme lui l’a fait jusqu’à l’extrême. Il place l’alternative devant nous et restitue chacun à sa vie et à sa conscience. Tout le monde retrouve visage. La miséricorde est la seule issue et elle est ce nouveau ministère qui nous est confié pour que la vie puisse aller plus loin que toutes ses ornières.

Béni sois-tu Seigneur pour tant d’amour ! La terre a besoin de nos vies pardonnées pour exercer ton ministère d’amour et de tendresse, pour que nous soyons tous remis dans le même camp : celui des aimés de Dieu. Donne-nous ton cœur !

Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 4e dimanche de Carême

27 Mars 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Retour ou avancée du fils dépensier ?

« Je vais aller vers mon père et je lui dirai... » (Lc 15, 18)

L’Évangile de ce dimanche est souvent appelé « le retour de l’enfant prodigue ». S’agit-il de retourner, de remonter le temps, de revenir à la case péchée ? ou plutôt juste avant, pour regagner une âme blanche et pure ?
 

Quand ce fils dépensier prend durement conscience de son égarement, il ne pense pas « je vais retourner vers mon père » comme s’il pouvait espérer revenir en arrière, retrouver un bonheur évanoui et passé. Il dit au contraire « je vais aller » et cette démarche le projette dans un avenir possible.
 

Belle chance que ce temps de Carême qui fait sortir de nous-mêmes pour avancer vers la résurrection !
Abraham était heureux sur les terres où il menait ses brebis. La Bible dit même qu’il était très riche en troupeaux, en argent et en or. Pourtant, le Seigneur l’invite à quitter son pays et lui promet une terre nouvelle. Aujourd’hui une terre nouvelle m’est annoncée.
Des Juifs peinaient sous l’esclavage de Pharaon. Par la bouche de Moïse, Dieu invite à sortir d’Égypte. Quand la mer Rouge semble les arrêter, il n’est pas question de revenir en arrière mais d’avancer. Dieu ouvre les flots pour faire passer son peuple. Si des mers obstruent aujourd’hui ma route, le Christ est là pour tracer le nouvel itinéraire.
La parabole du fils dépensier offre au long de cette semaine l’invitation à se mettre en route. C’est l’occasion de réfléchir sur notre démarche de réconciliation et sur le pardon qui sauve.

 

La complaisance dans la culpabilité enterre dans une faute que je ne peux plus effacer. Je risque l’enfermement dans le cimetière de mes faiblesses et de mes péchés. Comment imaginer un retour ? La démarche de pardon fait aller de l’avant, sinon elle n’est que récit ou inventaire plus ou moins difficile de mes faiblesses, et je ne vais pas plus loin. La demande de pardon oriente vers demain, elle ouvre sur le meilleur. Le pardon doit me mettre en route.
 

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Il ne peut y avoir de réconciliation avec ceux que j’ai blessés si je ne me suis préalablement réconcilié avec moi-même. Comment espérer être aimé de l’autre si je ne m’aime pas ? Comment regarder le salut qu’offre Jésus si je ne m’estime pas sauvable ? Loin de la satisfaction nombriliste, l’acceptation de ce que je suis me permet de sortir de mon trou. Comme ce fils dépensier de la parabole : me lever, me mettre debout, et avancer vers ce Père qui seul peut offrir la nouveauté du pardon. Comme le prodigue : me mettre en route vers un autre horizon.
Debout ! En avant !
« Je vais aller vers mon père et je lui dirai… »

 

Equipe Evangile@Carême – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 3e dimanche de Carême

20 Mars 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (13, 1-9)

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?” Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

URGENCE VITALE

Voici que l’Evangile se met à nous parler fort en ce dimanche. On croirait cette page sortie de nos actualités tristes et dramatiques qui nous bouleversent et alimentent aujourd’hui nos pensées et nos prières. L’injustice nous révolte et nous tétanise. Le ciel n’est plus pour certains le refuge à la vie rude. Il est devenu le lieu de l’angoisse. Où trouver un petit bout de terre protégée de la furie humaine ?

Le bienheureux Frère Luc, moine de Tibhirine, en a vu dans sa longue vie…Il en a traversé des guerres... La deuxième guerre mondiale : il s’est fait prisonnier volontaire comme médecin. Arrivé en Algérie en 1946, c’est plus tard la guerre d’indépendance qui lui vaut un premier rapt d’une semaine. Puis cette guerre civile, durant les années noires au début 90 pendant lesquelles, avec sa communauté, ils ont vécu sous la menace terroriste jusqu’à leur enlèvement fin mars 1996… il regardait les choses avec sagesse et défiance face aux forces de mort qui les menaçaient : “Ici la violence est toujours présente. […] c’est en soi qu’on doit se faire une retraite et un lieu pour conserver la sérénité.” (Heureux ceux qui espèrent, p. 133). Et il poursuivait : “Un homme âgé n’est qu’une chose misérable, à moins que son âme ne chante”.

Voilà que frère Luc nous tourne vers notre intérieur pour trouver ce petit bout de terre où Dieu cultive sans relâche la paix et la joie qui ne connaît pas d’éclipse au gré des événements. Il nous semble que le monde devient fou, malade de ses convoitises… le petit monde que nous sommes n’y échappe pas. Et pourtant il y a bien en nous ce brin de vie qui ne demande qu’à grandir malgré les broussailles. Et il y a urgence. Nous savons bien que nous ne connaissons ni le jour ni l’heure. Il importe donc que ce jour qui nous arrive entre les mains, cet aujourd’hui si pauvre et banal, devienne ce lieu où nous fabriquons de l’éternel : la douceur contre la brutalité, la confiance contre la peur, le don contre l’égoïsme, l’intercession contre l’agression… alors plus rien ne nous surprendra. Ni la vie ni la mort.

Notre âme chantera ce chant nouveau, aux accents d’éternité qui peut-être aidera d’autres à retrouver le sens : ce grand désir d’unité et de paix à faire advenir pour tous, agressés et agresseurs. Prêtons notre petit jardin intérieur à ceux qui n’ont plus de toit, plus de vie ni d’espérance. Logeons-les dans notre tente éternelle où il y a place pour tous à l’image du cœur de Dieu. La charité se fera active et inventive, et nos jours, à défaut de rallonger, prendront la couleur du partage et de la résistance au mal et à la division. Plus de fatalité, donc… juste ce jour donné pour fabriquer un plus d’humanité, de consolation, de tendresse, et de joie.

Equipe Evangile@Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 2e dimanche de Carême Ecoute profonde

13 Mars 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Evangile selon saint Luc (9, 28b-36)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
 
ÉCOUTE PROFONDE

Quel épisode… les trois disciples sont passés avec Jésus par une expérience inouïe. Ils ont été dépassés, débordés par ce à quoi ils ont assisté. D’abord extérieurs à ce qu’ils voyaient, ils y ont été peu à peu intégrés, agrégés, jusqu’à en être rendus pleinement participants. Le côte à côte vécu jusque-là s’est transformé. Ils sont devenus en quelque sorte membres les uns des autres ce jour-là.

Cette transfiguration, c’est un peu ce qui nous arrive quand nous lisons l’évangile. Nous lisons le texte, nous lui faisons face. C’est l’histoire d’un autre, jusqu’à ce qu’il nous prenne avec lui et nous montre quelque chose de lui que nous n’avions jamais vu, jamais entendu. L’Évangile nous parle. Pas d’une histoire extérieure mais d’un récit où nous avons part, une aventure intérieure où nous sommes ces acteurs un peu maladroits puis de plus en plus impliqués. Jésus nous prend avec lui pour un éclairage unique. Nous sommes pris dans sa clarté, son histoire, ses fidélités, sa vie en train de se donner pour que tous vivent.
 

Comme les disciples, notre vie confortable et installée prend peur. Qu’est-ce que cela signifie ? Nous avons bien une première impression, une première lecture. Et ce serait bien tentant de s’en arrêter à ce que nous en percevons. Qu’y-a-t-il d’autre à voir et à comprendre ? Il y a cette entrée dans la nuée… cette échappée dans l’incontrôlé. C’est un autre qui pénètre notre histoire et en prend les commandes. Visitation de nos peurs profondes. La source de tous nos dépassements vient de ces profondeurs reliées à l’histoire de ce peuple unique né du cœur de Dieu.

Pas d’autre bonheur que toi Seigneur. C’est toi le ferment de notre histoire, la raison de notre communauté, le principe de notre communion. Nos humanités séparées trouvent ici, en toi Jésus, l’espace de notre fraternité à venir. Ton corps supplicié sur la croix et ton pardon éternisé par la mort auront raison de toutes nos lâchetés. Ta clarté sur le Mont Thabor et celle de la croix sont les mêmes. Elles sont nos phares dans la tourmente.

Quand on ne voit qu’un homme mort sur la croix, d’autres reconnaissent le fils de Dieu offrant sa vie pour que nous ne perdions plus la nôtre. Sa clarté nous entraîne à l’écoute profonde de ce que sa vie dit à la nôtre. Sa parole nous invite à suivre son silence. Il est temps de faire lecture divine de notre existence et de ce que Jésus veut de notre vie. Sa fraternité en appelle à la nôtre. Notre chair en tremble certainement. Pourtant, nous savons bien, pour en être si souvent blessés, que nous sommes membres les uns des autres. Pour le meilleur et pour le pire.

La Transfiguration, c’est jour de noces. Pierre avait bien l’intuition d’une fête, mais ce sera pour après. Il faut d’abord le corps à corps avec l’histoire, le jour à jour à discerner et à consentir, la fraternité à éprouver jusqu’au bout de l’amour vainqueur. Jésus, ta clarté épuise la nuit, toutes nos nuits.
Viens refaire nos vies ! Baigne-les dans ton cœur où nous ne faisons qu’un. Désarme-nous.
 
Equipe Évangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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