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Le berceau du fer

meditation

Repère pour une conversion

8 Décembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #méditation

Trois témoins, ce dimanche, nous appellent à un changement de vie : Jean le Baptiste, Isaïe le prophète et Paul le bâtisseur d’Églises. 

Vivre en vérité évangélique 
Jean appelle à une conversion vécue dans le concret. Il dénonce l’hypocrisie religieuse qui se satisfait de pratiques formelles. Il secoue la fausse sécurité du sentiment d’appartenance invoquée comme un alibi à une foi active. 
La prédication de Jean nous interpelle. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de nos rites et de nos références chrétiennes, face aux défis de l’honnêteté professionnelle, du partage de notre bien-être, du respect de la vie et de la réputation d’autrui, de la fidélité conjugale, du service fraternel… Quels fruits portons-nous réellement pour Dieu, pour l’Église et pour le monde ? 

Être artisans de paix 
Isaïe annonce la venue d’un descendant de David sur qui l’Esprit du Seigneur reposera. La tradition biblique, juive et chrétienne, y reconnaît le Messie. Par une mise en scène qui fait rêver, le prophète décrit le projet de Dieu d’un monde réconcilié. 
Cette prophétie résonne fortement aujourd’hui. Notre époque est malade d'excès de la violence dont les médias nous apportent l’écho quasi quotidien. Elle atteint les peuples, les sociétés, les familles et même les enfants, en paroles et en actes ! 
En ce temps de l’Avent, qui nous prépare à la venue du « Prince de la Paix », nous sommes appelés à vérifier nos comportements. 

Nous accueillir les uns les autres 
Les premiers chrétiens de Rome, d’origines et de cultures diverses, éprouvaient des difficultés à vivre ensemble avec leurs différences. Ils ne construisaient pas la communauté ecclésiale. Paul leur rappelle l’accueil du Christ, la miséricorde et la fidélité de Dieu. Il les exhorte à s’accueillir mutuellement. 
L’Apôtre nous invite aujourd’hui à cet accueil, avec nos différences de sensibilités, de pratiques rituelles, de cultures religieuses et d’opinions. On peut s’enrichir de différences non séparatrices. 

Par ces chemins, pourra nous rejoindre Celui qui doit venir !

Ta voix dans le désert résonne
Tes mots détonnent
Proche est le Royaume

Ta voix dans le désert proclame
Ta parole prend visage
Proche est le salut

Ta voix dans le désert martèle
Ta colère fustige
Proche est la lumière

Ta voix dans le désert baptise
Ta foi discerne
Proche est l’Esprit

Ta voix dans le désert s’enflamme
Ton désir enrôle
Proche est ton feu

Amen

Méditation : Joseph Prou - Texte de la prière M-D Minassien et Jean Prou
Illustration : Bernadette Lopez - fnp-edition.com

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Il est temps de se réveiller

1 Décembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Dieu a un projet d’avenir pour le monde En créant l’être humain « à son image et à sa ressemblance », Dieu n’a cessé de le modeler, l’associant à son dessein d’amour et de salut. Ce projet est en cours, mais encore loin de son achèvement. Malgré tant de déceptions, dont la Bible nous livre l’écho, le Seigneur n’a jamais baissé les bras. 

Il a envoyé son Fils. 

Croire en un monde plus humain à l’image du Christ alimente notre espérance. Isaïe évoquait un monde rassemblé dans « la lumière du Seigneur ». À son époque, aussi tourmentée que la nôtre, il annonçait la fin des violences et l’avènement de la paix. 

Un monde nouveau est en train de naître Les pessimistes n’y croient pas. Il est vrai qu’est désolant le spectacle des relations humaines empreintes de domination, de maltraitance, d’exploitation, d’indifférence, d’exclusion... Mais tous ceux d’entre nous, habités par l’Évangile, ne baissent pas non plus les bras ! 

À petits pas, l’humanité avance et le projet de Dieu se concrétise : les jumelages entre peuples étrangers ou naguère ennemis, la communion entre les Églises, la solidarité avec les pauvres et ceux qui souffrent, le pardon donné au lieu de la vengeance... Autant de signes du monde nouveau que Dieu construit avec nous. On peut y ajouter les mille et une petites avancées quotidiennes : gestes d’amour, de paix, de partage, qui sont les indices de cet avenir entrevu par Isaïe... 

Veiller dans une attente active 

Mêlant l’histoire du déluge aux malheurs futurs de Jérusalem, Jésus appelait à la vigilance, toujours d’actualité aujourd’hui, quand nous attendons Celui qui doit venir pour l’enfantement d’une terre nouvelle. Paul, dans sa lettre, dénonçait sans ménagement ce qui provoquait une anesthésie spirituelle des premières communautés chrétiennes. S’il écrivait aujourd’hui, il en rajouterait sur les addictions qui endorment notre désir de Dieu. 

L’Avent est le temps du réveil pour ne pas rater le jour et l’heure du rendez-vous avec Celui qui est venu et ne cesse de venir. Il est proche !

Semblable au jour d’autrefois
Le jour de Dieu viendra
Rien ni personne n’y échappera

Semblable au jour d’autrefois
Le jour que Dieu voudra
L’un sera pris l’autre laissé

Semblable au jour d’autrefois
Le jour de Dieu viendra
Rien ne l’annoncera

Semblable au jour d’autrefois
Le jour de Dieu sera là
Il viendra

Seras-tu là ?

Amen

Equipe Evangile@Peinture  - Joseph Proux Prêtre – Peintrure Bernadette Lopez – prière M-D Minassian – fnp-edition.com
 

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Le Verbe est roi en vérité

24 Novembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

Voici une image forte pour terminer l’année liturgique. Le Verbe vient d’être mis en croix et la parole en est toute retournée. Les uns sont en silence, interdits. Les autres s’adonnent à la dérision, d’autres encore versent dans la moquerie et le sarcasme. La parole est détournée de sa fonction de bénédiction. Elle participe du supplice. 

Le Verbe impuissant est en silence. Il n’est pas le roi de ceux-là. Il est le roi du malfaiteur en croix, du disciple de la vérité, dont la parole ajustée regarde Jésus et y reconnaît Dieu lui-même. Dieu avec lui, subissant l’injustice, pour être espérance et consolation de ses enfants perdus mais retrouvés. 

La parole a retrouvé son sens. Elle est faite pour relier, espérer, prier. La parole ajustée regarde vers Jésus, voit Dieu et le prie. La parole ajustée est entendue. Le Verbe entend et exauce. Le Verbe est roi en vérité. La vérité et la justice lui appartiennent. Il reconnaît ceux qui en vivent. 
Alors le Verbe, devenu Parole éternelle pour les hommes, tranche : “aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis”.

Le royaume de Dieu est une Bonne Nouvelle à annoncer. Cette annonce est la mission de Jésus et aussi celle qu’il confie aux apôtres, en paroles et en actes. Peut-être sommes-nous de ceux qui annoncent ou de ceux qui agissent dans l’enfouissement ou qui prient… Et, comme les pharisiens, nous nous demandons légitimement : quand viendra enfin le royaume de Dieu ? La réponse de Jésus nous encourage à le reconnaître dans notre quotidien et à écrire nos propres paraboles : «  Il est au milieu de vous  ».

Equipe Evangile@Peinture – Bustica- Minissian  – Peinture Bernadette Lopez
 

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Réalité dévoilée

17 Novembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Il ne restera pas pierre sur pierre

Le dimanche nous appelle à vivre pleinement la joie de la résurrection du Christ, en particulier au moment de la messe. Les lectures de ce jour paraissent au contraire ajouter aux angoisses qui déjà nous assaillent, non seulement celles qui traversent nos vies personnelles et familiales, mais aussi les grandes inquiétudes de notre temps. 

Le genre littéraire de l’apocalyptique nous déconcerte car il suscite deux types d’incompréhensions. Annoncer de grandes catastrophes, comme si le pire était devant nous. Laisser croire que tout cela arrivera dans un futur proche, comme si le quotidien était limpide. 

Au contraire, par la mobilisation d’images saisissantes, ces textes veulent nous avertir, en dévoilant la réalité derrière des apparences parfois trompeuses. Contre la propagande et les fausses informations qui fragilisent nos démocraties, Malachie comme Luc attirent notre attention sur les profonds déséquilibres qui menacent aujourd’hui notre planète, nos pays, nos familles, nos existences singulières, à cause de l’arrogance, de la violence et de la division. 

L' Ouragan Dorian qui a dévasteé les Bahamas

La réponse de Paul, dans l’épître que nous lisons dimanche après dimanche, est pleine de bon sens, en nous ramenant au « travail » quotidien. Il ne s’agit pas uniquement du travail salarié mais de tout ce qui relève de notre responsabilité personnelle. 

Face au dévoilement d’un réel plus complexe qu’il n’y paraît, nous ne sommes ni écrasés, ni paralysés. Au contraire, notre liberté est suscitée pour collaborer, par toute notre vie, à l’œuvre de salut dans le monde. Voilà le pain quotidien que nous demandons à Dieu, notre Père

Equipe Evangile@Peinture – PrionsenEglise - Père Luc Forestier, oratorien – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg 
 

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Le Dieu des Vivants

10 Novembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

Dans l’Evangile de ce jour, le but de ces Saducéens, qui ne croyaient pas à la résurrection, est clair : prendre Jésus en défaut, qui, lui, croyait à la résurrection. Tout en s’appuyant sur la loi de Moïse, leur intention est de ridiculiser et Jésus et la croyance en la résurrection… Or, à bien réfléchir, cette idée de la résurrection n’est pas plus évidente aujourd’hui qu’il y a deux mille ans… Les Grecs, rencontrés par St Paul, n’y croyaient pas du tout. Et aujourd’hui, des chrétiens, même très pratiquants, sont de plus en plus nombreux à adhérer à la théorie de la réincarnation… Au fond les Saducéens ne seraient pas dépaysés parmi nous !

Reconnaissons que la résurrection est une réalité pour nous très mystérieuse. Quand Jésus ressuscité est apparu à ses disciples, il a dû user de beaucoup de pédagogie, de persuasion et de reproches pour les convaincre que c’était vraiment lui. Ils n’y ont pas cru d’emblée ! Dans le texte d'aujourd’hui, la pointe de l’enseignement de Jésus est sa parole : « Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

Autrement dit, ce que veut nous enseigner Jésus c’est que Dieu, le Créateur, est au-delà du temps. S’il suscite chaque être humain, c’est par un acte infini et donc éternel d’amour créateur. Il donne un nom unique, personnel à chaque homme. Il ne pourra donc jamais reprendre ni supprimer cet acte. Chaque être humain qui vient au monde est vraiment un « morceau d’éternité », enraciné dans l’amour éternel de Dieu…Cela veut donc dire concrètement que cette éternité, dont nous sommes dépositaires, nous avons à la construire dès maintenant sur cette terre et chacun des jours de notre vie, et non pas dans un au-delà dont nous ne savons pas ce qu’il sera…

Ainsi, la vie éternelle n’est pas une autre vie qui commencerait après la mort, c’est notre vie d’ici-bas gardée, sauvegardée, sauvée pour l’éternité. Seule la filiation vis-à-vis de Dieu aura du sens. Dieu aime trop les êtres humains pour accepter de les voir disparaître dans la mort. Et l’homme qui croit en Dieu, l’éternel vivant, ne peut penser que puisse cesser un jour la relation d’amour avec Lui. 

C’est sur cette relation d’amour réciproque que se fonde la résurrection. La mort devient alors le passage à cette communion inouïe pour l’éternité. Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants

Equipe Evangile@Fichesdominicales -Père Daniel Richard – Peinture Bernadette Lopez- Fribourg
 

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Hospitalité rêvée

3 Novembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #méditation

Tout Jéricho avait sans doute entendu parler de Jésus, spécialement après la guérison de la personne aveugle juste avant d’arriver dans la ville. On peut comprendre le désir de voir cet homme à qui on attribue un tel miracle. La foule désireuse de voir le bienfaiteur et de bénéficier de ses bienfaits se masse, et le désir se dresse en soi. Et si pour moi aussi quelque chose d’extraordinaire se passait ? Voir Jésus ou quelqu’un, c’est le faire entrer en soi. C’est lui donner l’hospitalité. 

Zachée voit, mais il est surtout vu par Jésus. Son désir a été capté par Jésus qui le prend au sérieux. Pour lui, Zachée n’a pas d’histoire. Il n’a qu’un présent et un désir suffisamment fort qui le pousse à courir en avant de la foule et à grimper sur un sycomore Il fallait que cette rencontre lui tienne vraiment à cœur pour qu'il se démène ainsi. 

Cela touche Jésus qui le voit dans ce qu’il porte de plus vrai en lui, dans son élan de vie qui l’a porté jusqu’à lui. Jésus, en regardant Zachée, ne voit pas les multiples délits commis, il voit la personne. Il est digne d’être salué, d’être sauvé. Et cela, aujourd’hui, pas seulement au jour du jugement dernier. 

Alors Jésus prend Zachée chez lui. Il accueille son désir de le voir. Il l’exauce en s’invitant chez lui. Jésus s’invite chez tous ceux qui le désirent au plus profond d’eux-mêmes. De même que la personne aveugle s’est fait entendre, le plus petit se fait voir. 

Et aux yeux de Jésus, sans doute Zachée était, parmi tous les gens du pays, celui qui avait le plus besoin de lui. Parce qu'à sa manière, il exprimait sans un mot son besoin d'être guéri. Jésus aime ceux qui s’imposent à lui par leur fort désir de sa vie. Cela a de quoi réveiller le nôtre. 

Quand Jésus passera entre nos mains, c’est bien pour que nous soyons saisis dans notre plus beau désir, dans notre plus grand élan, et que Jésus nous regarde tels que nous sommes et vienne s’attabler chez nous. Sa visite ne laisse pas indemne puisqu’avec lui, la tablée s’agrandit. Ce bien que nous voulions pour nous-mêmes se multiplie sous l’effet de la rencontre et se déploie dans le partage. 

Jésus nous regarde. Ce faisant, il ne nous possède pas. Il nous renvoie l’image qu’il a de nous : aimés de lui, épicentre de son amour, maison choisie pour y demeurer. Et pour nous ouvrir à sa vie à lui, accueillante à tous, il ne cesse de passer et repasser guettant notre désir de le prendre chez nous. Et c’est aujourd’hui. 

Equipe Evangile@Peinture- M.M. Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Gare à la mondanité spirituelle

27 Octobre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

L’évangéliste Luc introduit la parabole de Jésus que nous lisons ce dimanche en rappelant que « certains étaient convaincus d’être justes et ils méprisaient les autres ». Un constat toujours d’actualité dénoncé par le pape François au tout début de son pontificat. Dès 2013, dans l’exhortation apostolique « La joie de l’Évangile », François met en garde toute l’Église contre cette tentation qu’il appelle « la mondanité spirituelle ». « C’est une terrible corruption sous l’apparence du bien, convient-il, qui consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine et le bien-être personnel. » 

Inutile de stigmatiser qui que ce soit puisque nous pouvons tous y succomber, certes à divers degrés. La mondanité spirituelle se manifeste de différentes manières et sous de nombreuses formes. Le pape en décrit certaines dans son exhortation. Quant à savoir comment l’éviter, François recommande de « mettre l’Église en mouvement de sortie de soi ». C’est-à-dire, se centrer en Jésus Christ, évangéliser et servir les pauvres. Et plus encore, souligne le pape, « cette mondanité asphyxiante se guérit en savourant l’air pur du Saint-Esprit ». 

L’histoire du pharisien et du publicain est une invitation à discerner l’Esprit à l’œuvre dans notre vie et dans notre monde. Car l’Esprit ajuste notre regard sur nous-mêmes, sur le bien-fondé de nos engagements, sur la qualité de nos relations, sur notre propre mondanité… Mais nous avons de l’avance sur le publicain car, après Pâques, l’Esprit nous dévoile que nous sommes pécheurs pardonnés.

Equipe Evangile@PrionsenEglise - Karem Bustica – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Sens liturgique

13 Octobre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #méditation

Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus est en route vers Jérusalem. Ce n’est pas anodin, car dans cette petite annotation, c’est l’orientation de tout son être qui se prépare à ce qu’il va vivre à destination. Tout ce qu’il vit en chemin participe de sa préparation et de celle des disciples qui marchent avec lui. 

En arrivant dans ce village, il rencontre en fait la réalité de ceux pour qui il est en train marcher. Et il y a comme un courant d’air qui l’annonce à l’avance, parce que ce sont les périphéries qui viennent à lui. Et elles connaissent son nom. Son nom le précède et ouvre l’espoir dans le cœur des exclus, des pestiférés. Son nom les autorise à l’appeler et leur donne pouvoir sur lui. Jésus ne les entend pas, il les voit. Pourtant ils crient. Alors que voit-il ? La distance imposée à ceux qui étaient condamnés à vivre en dehors de la ville, la misère, le mépris de ceux dont on ne peut plus supporter la vue et l’espoir ouvert par son passage. Jésus voit et cela change tout. 

Son cœur compatissant est sans limite. Il les restitue immédiatement à la vie sociale, en les envoyant à l’autorité qui va pleinement les réintégrer. C’est seulement en chemin qu’ils se retrouvent purifiés. A distance. Une distance qui ne les enferme plus mais au contraire leur redonne d’être libres. Libres même de Jésus qui les a guéris. L’histoire pourrait s’arrêter là. D’ailleurs, elle s’arrête là pour 9 de ces lépreux qui ne le sont plus. 
Mais l’un d’entre eux, le dixième, a saisi l’extraordinaire apparu dans sa vie, et il a voulu en remercier celui à qui il devait sa vie nouvelle. Magnifique liturgie intérieure qui déborde de cette nouveauté extrême et qui a besoin de le dire à celui seul qui est capable de le comprendre en profondeur et d’accueillir sa joie. Cet homme était un lépreux. Il est devenu un gracié et un joyeux parce que reconnaissant. La reconnaissance fait partie de la vie du croyant. Elle augmente sa joie car elle prend acte à tout moment des merveilles que Dieu accomplit sans cesse dans nos vies. La nôtre, celle des autres. 

La relecture fait de nous des croyants, des reconnaissants et des joyeux. Décidément, les samaritains ont bien des choses à nous apprendre. Il y avait un modèle de diaconie (le bon SamaritaIn). Il y a maintenant un modèle de liturgie doublé d’un modèle d’annonce de la foi. Quoi de plus communicatif qu’un joyeux miraculé humble et reconnaissant ?

Oui, nous avons bien des choses à apprendre des autres qui nous réorientent sur l’essentiel dans nos vies. Jésus ne cesse pas de nous prendre dans sa marche, de nous prendre dans son cœur compatissant qui non seulement guérit mais accueille la joie après la souffrance. Il nous garde, corps et sang, dans son mouvement pour que nous puissions vivre comme lui cette liturgie essentielle, notre marche vers le Père et prendre avec nous tous ceux que nous portons dans notre cœur sans laisser personne en périphérie. 

Equipe Evangile@Peinture- M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Faire mémoire pour écrire l'histoirze

22 Septembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

« Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent. » Alors que le risque guette nos sociétés d’être soumises au marché, de ne plus pouvoir elles-mêmes se soustraire à sa loi, le prophète Amos, lu aujourd’hui, vient à point nommé nous rappeler que les premières victimes de la domination du tout marchand sont les plus pauvres, les plus faibles, ceux auxquels on peut tout vendre, jusqu’aux déchets. 

On s’indigne légitimement devant de telles pratiques mais nous savons qu’elles perdurent. Et l’on s’indigne encore davantage devant l’incohérence de vie : comment la stricte observance du sabbat et du repos qu’il impose cohabite-t-elle dans le cœur de l’homme avec l’appât du gain et le dessein de tirer profit du plus faible en le trompant ? Le sabbat ne transforme-t-il pas le cœur de l’homme ?

Le respecter ne sert-il pas à lutter contre la cupidité ? N’y a-t-il pas de lien entre le culte et l’éthique, entre « piété et dignité » ? « Écoute Israël » : le temps du sabbat est un temps à part, ordonné à la mémoire. Parce qu’en faisant mémoire, on raconte l’histoire ; et en narrant l’histoire, on contribue à l’écrire en s’y engageant. On s’en imprègne pour y être fidèle aujourd’hui et inventer demain avec audace. 

 

Au cœur du sabbat repose la fraternité et l’égale dignité de tous : fils, serviteur, immigré. Faire mémoire ensemble de la libération de l’esclavage engage dans la promesse commune de ne plus jamais « tolérer que les uns se considèrent plus dignes que les autres » (Laudato si’ 90) et qu’ils puissent tirer profit du plus vulnérable. 

Dieu qui est patient nous dévoile notre histoire et attend l’humanité sur le chemin creusé par la mémoire de celui qui s’est donné.

Equipe Evangile@Prionsenglise- Marie-Dominique Trébuchet- Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Tout ou rien

8 Septembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Voilà une parole qui avait de quoi percuter. Ces grandes foules qui suivaient Jésus étaient sans doute là pour des raisons diverses. Nous imaginons sans peine ce qui pouvait bien les attirer. Cela fait longtemps que Jésus marche. Il parle, il guérit, il fait du bien. Il semble avoir quelque secret pour une vie heureuse. Rien que cela vaut le déplacement. 

Mais voilà que Jésus adresse à ces foules une parole très personnelle, une parole qui vient rejoindre chacun et chacune au plus intime. Sa parole jusque-là se laissait écouter et regarder, comme un spectacle qui n’engage pas. Mais maintenant elle se retourne et c’est elle qui nous regarde et nous écoute. C’est elle qui nous scrute et nous visite, nous discerne dans le tréfonds de nous-mêmes. 

Et ce faisant, elle nous dit ce qu’il en coûte de vivre réellement à la suite de Jésus. Elle nous montre ce qui rechigne en nous sur le chemin. Elle vient, brûlante d’exigence, mettre en jeu celui qui l’accueille. Et c’est jusqu’au bout, sans repos, sans réserve, sans limite. 

Cette parole que nous regardons ou que nous admirons de loin devient hors de prix. Qui peut se l’offrir et l’inviter dans sa vie jusqu’à être prêt à la perdre ? La parole prend tout parce qu’elle donne tout. Elle commence par la croix dont elle nous charge d’entrée. Cette croix de Jésus qu’il va embrasser pour être porté par elle. Le disciple est pris dans ce grand mystère. C’est la croix qui porte celui qui s’en charge, parce que l’amour a eu raison d’elle. L’amour l’a privée de son pouvoir de mort. Elle est devenue signe d’une puissance de vie à nulle autre pareille. Une vie reçue d’en haut à chaque instant, une vie suspendue à l’Esprit qui l’investit et l’envoie. Une vie qui ne connaît plus d’autres liens que cette immense liberté dans le souffle, puissance de vie jusqu’à mourir s’il le faut. 

Qui parmi nous veut de cette vie-là ? Celle de Jésus qui aime jusqu’à l’extrême et qui se retourne vers nous pour nous donner sa vie d’éternité. La parole nous regarde. Entrererons-nous réellement dans sa vie, corps et sang

Equipe Evangile@Peinture - M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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